mercredi 12 décembre 2012

Le monde d'Iblard

N'importe qui peut devenir un citoyen de Iblard. Ces paysages peuvent vous paraître familier, les contempler c'est se laisser aller à une certaine nostalgie. Les règles qui régissent ce monde sont un peu différentes du notre, les terres sont en constante mutation, des îles flottantes errent ici ou là. On raconte même que les habitants, les Iblardiens, auraient une influence sur le mouvement des planètes et des corps en lévitation. Iblard est d'une certaine manière une utopie, ces horizons dégagent une tranquille étrangeté où la nature a toujours eu ses droits, que même les constructions humaines et les trains flottants ne viennent pas troubler. Il est toutefois possible d'entrevoir Iblard à travers notre monde si on arrive à y poser un regard différent. On peut aussi simplement s'intéresser au travail du japonais Naohisa Inoue, professeur à l'Université Seian d'Art et de Dessin. En effet ce dernier depuis 1983 avec sa première publication, recueil de peintures réalistes et magiques, récompensé du prix «Découverte de l'année» se pose en témoin des terraformations dont son univers est soumis. 


La meilleure façon de faire connaissance avec Iblard est de jeter un oeil au moyen-métrage «Iblard Jikan» de 2007 réalisé par lui-même et produit sans surprise par le studio Ghibli. Ses peintures s'y succèdent une à une pour le plaisir des yeux et de l'imaginaire. Une animation légère en surimpression vient donner de la vie aux paysages ; la musique instrumentale d'inspiration nippone vient nous réchauffer le coeur comme un chocolat chaud un après-midi pluvieux au coin du feu. La technique du peintre est toute particulière : il ne sait pas à l'avance ce qu'il va dessiner, sans croquis préalable la toile se peaufine au gré de l'inspiration de l'artiste. Naohisa Inoue, dans «Si tu tends l'oreille», film d'animation du studio Ghibli de 1995, a participé à la réalisation de décors, toile de fond de certaines scènes. Mais c'est dans le court-métrage «Le Jour où j'ai cultivé une étoile» réalisé par Hayao Miyazaki que l'univers est semblerait le mieux mis en scène. Sorti en 2006, sa diffusion est malheureusement confinée au musée Ghibli à Mikata dans la banlieue de Tokyo. Que vienne vite le jour où il tombe dans le patrimoine libre ; qu'il suive les pas de Destino jalousement caché par les studios Disney il y a encore quelques années!

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