dimanche 3 juillet 2016

SolangeBouffeTaCultureChallenge - 2016 - Trimestre 2 (2/2)


Séries

Six Feet Under : Saison 1 à 5 (2001-2005)
Troisième tentative de me lancer dans ce soap odyssée et ce sera enfin la bonne ! Que la thématique (maison funéraire) peut rebuter mais c'est avant tout la vie que Six Feet Under vient célébrer. L'empathie qui se crée pour les membres de la famille Fisher est immense (malgré des aspects détestables). Mais c'est dans sa séquence finale que tout se déploie : malgré un kitch gênant, l'émotion est là, ancrée, fort des nombreuses souvenirs qui émaillent une vie et bouleverse aux larmes, encore et encore. Une série une fois terminée dont on ne fera jamais vraiment le deuil. Et puis Lauren Ambrose. Final

Rick et Morty : Saison 1 à 2 (2013-2015)
Je ne regarderais sûrement jamais Doctor Who car j'ai trop à rattraper. C'est bien dommage mais Rick et Morty arrive à point pour le substituer et combler mes attentes en terme de science-fiction mindfuck. C'est totalement barré épisode après épisode et rejoint les éclairs de génie qu'on a quelque fois avec Adventure Time. Le tempo des rebondissements est implacable tant ça se disperse en tout sens. Les références au genre font d'ailleurs plaisir à voir (Hypérion en l’occurrence). Même que je me suis entiché de la VF en plus. Streaming


Musique

Mi and L'au - Four Pair Of Wings (2016)
Le duo franco-finlandais accommode en général sa musique de peu. C'est encore plus vrai dans son dernier album Four Pair Of Wings où le dépouillement est quasi-totale. Et c'est pour le mieux, la voix cristalline de Mira va a l'essentiel, les arrangements de Laurent sont égrenés discrètement tel un chapelet, pas plus pas moins. Très pudique du fait de l'absence d'artifice, à qui veut bien lui porter attention, la juste émotion s’immisce en nous. Les mots nous bordent, sans aucun ennui, dans un confort raffiné. Youtube

Deakin - Sleep Cycle (2016)
Et si le vrai génie de Animal Collective, c'était en fait Deakin ? Car on va pas se mentir le collectif animalier, telle une bête pris dans un piège, attend connement que le chasseur viennent l'en libérer. Painting With (2016) ne convint pas, Enter the Slasher House (2014) c'est de la pop recouverte de reverb et autres pouic-pouic caches misères et Panda Bear n'en parlons pas, j'ai envie de le taper depuis son dernier set grognon à la Gaieté Lyrique. Deakin propose une nouvelle forme de vie, organique et extra-terrestre mais surtout libre de réinventer son propre ADN ! Youtube

Mitski - Puberty 2 (2016)
Alors si j'aime ce disque, c'est parce que ça convoque chez moi, Annie Clark me susurrant des je t'aime, m'intimant de me taire, avant de pouffer de rire. La comparaison avec St-Vincent est totalement inévitable, déjà dans la voix mais aussi dans la liberté d'écriture qui se permet d'être novateur au sein d'une scène rock qui n'invente plus grand chose depuis un siècle. Bien qu'arty, Mitski n'oublie pas de proposer une pop décomplexée et ça fait du bien. Le nom de l'album est un peu chelou quand même. Youtube



Livre

Atzeca (Gary Jennings, 1991)
Fortement encensé, j'ai commencé ma lecture de Inca (Princesse du Soleil)  pour l'arrêter 30 pages plus loin. Y a un truc qui allait pas. Le bon livre entre les mains, ce millier de pages tu y penses encore avec nostalgie. Roman historique basé sur le témoignage fictif d'un mexica, tout les pans (politique, commerce, religion, mœurs, ...) de cette grande civilisation sont abordés. C'est l'histoire de peuples qui ont évolués en parallèle de l'ancien monde, avec leurs différences et parfois similitudes troublantes. Le récit s'achève bien sûr sur l'épique conquête du Nouveau Mexique par Cortès, redoutable stratège, qui met à bas un continent entier. Babelio

Le pousse-pousse (Lao She, 1998)
On suit les mésaventures de Siang-tse dans les rues de Pékin des années 20. Siang-tse est un bon gaillard, prêt à se tuer à la tâche, à la morale sans faille, un peu bébête mais pas trop pour pouvoir quand même s'y attacher. La vie c'est le pousse-pousse et il en démord pas, quand bons nombres boivent ou vont aux putes, Siang-tse économise pour devenir propriétaire du sien. Le pousse-pousse est une histoire de la misère, d'une condition où sa seule force physique lui payera son bol de riz quotidien. Bien sûr, c'est un conte et les contes finissent toujours mal. Babelio

Le petit prince (Antoine de Saint-Exupéry, 1943)
J'avais jamais lu. Enfin si, à l'instar d'un Tincjo en Tibeto, j'ai abandonné la Eta Princo après quelques pages de difficultés espérantistes. Il est bien temps de savoir de quoi il en retourne après avoir vu le film d'animation de Mark Osborne (2015) où s'y mêle les références à l'histoire originale. Verdict : c'était sympa, un peu court, raciste à un moment, un peu simplet mais gentil et sans mauvaises intentions, ça m'a fait penser à Mario Galaxy (ou Micromegas) qui a du inspirer l'aviateur, auteur de cet ouvrage jeun public. Je peux enfin me targuer aux nez de tous d'avoir lu le chef d'oeuvre. Libro

Le maître (Patrick Rambaud, 2015)
On est au 4ème siècle avant JC et Tchouang-tseu prône l'anarchie. Ni Dieu, ni maître, le maître rejette la pensée qui compartimente et les penseurs qui pensent pour toi (en l’occurrence le confucianisme ambiant) : le taoïsme est né ! Cette courte biographie romancée du philosophe donne envie d'être le plus inutile possible sur son canapé. C'est au gré des petites sagesses qui closent chaque rencontre, chaque expérience, qu'on  a envie nous aussi de tout basarder derrière nous pour aller vivoter là où ça nous chante. Zen et désinvolte, il est bon de désaprendre. Babelio

dimanche 26 juin 2016

SolangeBouffeTaCultureChallenge - 2016 - Trimestre 2 (1/2)


Concert

Lefkès - 14 avril @  L'International, Paris

Anne-Claire B fait partie de mon panthéon de voix féminine d'exception qui compte entres autres Shara Worden, Eloïse Decazes ou Lhasa de Sela. Elle véhicule une telle singularité qu'on ne peut pas passer à côté. Si je n'ai pu faire sa connaissance live au sein des feu-Ex Nihilo Vox, Lefkès est ma seconde chance. Dans un répertoire folk chanté en anglais, elle est habitée, mais c'est en français (dont elle semble plus avare à se livrer maintenant) que la passion est palpable, sa sensibilité est extrême. Soundcloud

Floating Points - 4 juin @ We Love Green, Paris
Floating Points, c'est un peu la raison majeur pour expliquer qu'on ait envie de patauger dans la vase du bois de Vincennes. C'est un moment de bravoure sonique qui va jusqu'à faire saigner les oreilles. Sam Shepherd, docteur en neurosciences, ne ment pas et nous charcute le cerveau à coup d'envolés post-rock et autres electronica aventurières. Eleania est une belle pièce, c'est tout naturellement qu'on retrouve la même expérience sans concession dans son salon que dans ses bottes Aigle. Youtube

Empress Of - 8 juin @ Pop Up du Label, Paris
Le premier album Me de Lorely Rodriguez est un sans faute. Des tubes pop en veux-tu en voila que rien est à jeter. C'est donc enfin l'occasion de rencontrer la demoiselle  mais c'est dans cette infâme salle qu'est le pop up du label que ça aura lieu. Pas du tout calibrée pour un endroit si oppressant, le public, venu nombreux, est cependant conquis d'avance. La chanteuse a ce côté débonnaire qui rend le show sautillant quoiqu'un peu transpirant. On s'amuse, on en redemande. Youtube

Moondog (Ensemble Minisym, Orchestre de l'Opéra de Lyon) - 11 juin @ Les Nuits de Fourvière, Lyon
Si y avait un événement majeur à voir cette année (voire même de la décennie), c'était bien celui-ci. Date unique au monde pour célébrer les cent ans du Viking de la 6ème avenue, Louis Thomas Hardin aka Moondog. Des musiciens que j'aurais jamais oser penser être possible de réunir sur une même scène. La musique de Moondog étant si rarement mis en avant, c'est trois heures de spectacle après des années de disettes qu'on en tombe d’indigestion mais avec le sourire du bienheureux. Big up à Amaury Cornut, qui en toute humilité, à trouver le courage de prendre part au spectacle ! Youtube 



Expo

Conférence 'Moondog à travers le XXe siècle' Amaury Cornut - 26 mai @ Médiathèque Musicale de Paris
J'aime tout ce qui touche à Moondog et c'est tout naturellement que je suis allé me faire faire une piqûre de rappel en assistant à la conférence de Amaury Cornut, auteur de la biographie française sur l'artiste, publiée il y a deux ans chez Le mot et le reste. Je vais pas m'étendre sur le fait que Moondog est un artiste incroyable que ce soit dans sa musique ou dans sa vie si singulière. Amaury nous fera découvrir toutes sortes de raretés (voire exclusivité), content de présenter des extraits vidéo, des enregistrements sonores, qui rendent le clochard céleste un peu plus palpable. Youtube

La Banquise, St-Viateur, Schwartz, Montreal
Puisque la cuisine fait partie tout autant de la culture qu'un musée de Beaux-Arts qui serait fermé un lundi, petite rétrospective des classiques en terme de food montréalaise. Après deux ersatz de poutine à Paris et Londres, celle de La Banquise fait enfin couic-couic dans la bouche. Le bagel de St-Viateur est ce qu'il te faut pour aller bruncher. Enfin c'est l'orgasme avec la viande fumée de chez Schwartz dont je pourrais me gaver tous les jours à partir de maintenant. Les pancakes maison de chez Caramigeas-Lagrange sont très bon aussi. Site

Autoportraits, de Rembrandt au selfie - Musée des Beaux Arts de Lyon, Lyon
Le nom de l'exposition est quand même sacrément pompeux à se vouloir dans l'air du temps. Il n'empêche que les collections (en collaboration avec la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe et les National Galleries of Scotland à Edimbourg) sont bien mises en valeurs pour justifier les thématiques abordées. Le parcours est cohérent dans sa réflexion même si on va pas se mentir on est là pour voir du Courbet, du Morissot, Matisse, du Klee (et bien évidemment Rembrandt)  Site

Dans la chambre des merveilles - Musée des Confluences, Lyon
Aménagé comme un cabinet de curiosité, foutraque et parfois un peu glauque, on déambule entre toutes ces artefacts insolites. Que ce soit ces objets mystérieux ou d'obscures choses du vivants, l'idée est de plonger dans l'esprit des cabinets qui satisfaisaient au choix notre voyeurisme sinon une saine curiosité. On apprend comment ces lieux deviennent pivot d'émulation scientifique. L'exposition se clôt en beauté avec une immense salle de taxidermie où cohabite des pangolins, des requins et des aras. Site



Cinéma

The Revenant (Alejandro González Inárritu, 2016)
J'ai vu le film dans l'avion car c'était gratuit. Toujours surpris de retrouver Inarritu depuis Birdman délaissant ses énièmes films chorales. Malgré le scenario et ses rebondissements sans doute rédigés à la hâte, j'ai trouvé ce film très sensitif. J'ai senti la rudesse de la vie au temps des premiers hommes dans le Nouveau Monde, soumis à une météo éprouvante, à des conditions de survie qui impose le respect. En fait, j'ai aimé voir DiCaprio souffrir le martyr : The Revenant c'est un peu La Passion du Christ. On a mal et ça a une sorte de catharsis sur moi. Amen. BA

Punkryden Mixtape - 61

1. MHA – L'avènement fête
2. Open Mike Eagle and Paul White - Admitting the Endorphin Addiction good vibe
3. Moriarty - Jimmy folk intime
4. Deakin - Just Am Animal
5. Mitski - Your Best American Girl St Vincent
6. Lefkès - The Frozen City haunted
7. Lianne La Havas - Lost and Found (Matthew Herbert Remix) buzz
8. Moriarty - Cottonflower coton
9. Mark Ronson - Uptown Funk ft. Bruno Mars zumba
10. Midori Takada - Mr Henri Rousseau's Dream jungle

mercredi 13 avril 2016

SolangeBouffeTaCultureChallenge - 2016 - Trimestre 1 (2/2)



Bande-dessinées

Manouches, Kkrist Mirror
Je vais être un peu fainéant en reprenant la bonne formule comme quoi les juifs avaient «Maus» de Spiegelman maintenant les tziganes ont «Manouches» de Kkrist Mirror. Toujours la même épiphanie à la découverte du trait charbonneux et quasi-photographique de l'auteur. Après la détresse à Montreuil-Bellay (Tsiganes) puis l'allégresse aux Saintes-Maries-de-la-Mer (Gitans), Manouches c'est le pont entre passé et avenir pour s'inviter au plus près de cette communauté encore sujettes aux persécutions. Un témoignage en forme de tranches de vie. Gadjo, tu reprendras bien un peu de niglo ! Planche


Exposition

Paris Face Cachée
Week-end toujours aussi intense et éclectique. Paris Face Cachée 2016, ça aura été cette fois-ci. Une visite dans les appartements de Clémenceau. Découverte du goût du Tigre pour l’Extrême Orient. Balade riche en anecdotes avec l'exceptionnel Thierry Le Roi dans le dédale du cimetière du Père Lachaise. Lol dans la chambre anéchoïque des bas-fonds de l'Ircam. Escapade à Montmartre pour ehhh une visite un peu angoissante. Enfin aperçu de la structure insolite qui abrite la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé puis cinéma muet accompagné par pianiste live. Site 

Persona, Étrangement humain - Musée du quai Branly
Le Quai Branly, musée des arts primitifs qui propose une exposition avec des robots humanoïdes, y a clairement de quoi piquer ma curiosité. Le sujet anthropologique de la confusion entre humain et non humain m'a pleinement intéressé. Bonne opportunité pour surfer dans la vallée de l'étrange et s'interroger sur ce qui rend humain l'inanimé. De la tête réduite (on est au quai Branly, faut pas déconner), à la love doll en passant par le peluche de phoque blanc, c'est à notre propre empathie que l'on se confronte.  Site

Musée archéologique d'Héraklion, Crète
Les minoens sont des gens rigolo. Ils fabriquent toutes sortes d'objet minuscule et ils jouent à la poupée avec. Que ce soit des services à thé, des figurines de chevaux ou encore des haches à sucre. Le Musée archéologique d'Héraklion est pour sûr riche en artefacts, fresques et autres objet ornementaux pour comprendre cette civilisation qui n'avait pas Free mais qui avait quand même tout compris. Merci à toi sir Arthur J. Evans tout-puissant sans qui les minoens ne seraient pas ce qu'ils sont actuellement ! Site


Concert

Stranded Horse (quintet) - 11 février @ Le 104, Paris
Jamais deux sans trois, énième rencontre avec Yann Tambour derrière son amour de kora. Le bonhomme est toujours aussi faussement maladroit. L'intimité avec son public lui est acquise rien qu'avec la décontraction communicante qui est la sienne. Outre que c'est magnifique, pour cette fois-ci, je retiens qu'il sait bien s'entourer. Mon amour de Eloïse Decazes, une fille des Mansfield.TYA, le génial Gaspar Claus, un Cissokho, un type de François And The Atlas Mountains, pour ceux qui m'inspire quelque chose. Bref, un putain de super groupe qui justifie le déplacement. Live

Other Lives - 29 février @ Le Cabaret Sauvage, Paris
Le chanteur a une sacré pilosité, c'est à peu près tout ce que je peux rapporter d'intelligible sur leur prestation au Cabaret Sauvage. Venu défendre leur dernier né Rituals (2015), le show est maîtrisé, les morceaux percutants, l'orchestration pop de l'album est restitué parfaitement. Mention pour les quelques titres de Tamer Animals (2011) qui rappelle pourquoi j'ai porté mon dévolu sur leur rock cavalcade si racé à l'époque. Bref, un spectacle qui assure sans déborder avec une classe qui sied bien aux américains. Live

Grimes - 4 mars @ Le Trianon, Paris
Cette meuf est totalement tarée. Je partais un peu reculons avec un dernier album où la canadienne se vautre carrément dans le côté mainstream de la force : Art Angels (2015). Pour notre première rencontre à Rock en Seine en 2012, elle était toute mignonne et inspirait la sympathie. Ici, elle a délivré un show hystérique et surcocaïné qu'on aurait voulu lui filer une double paire de baffes. C'est un peu comme si the girl next door mutait pour devenir une ex diabolique. Le set était toutefois festif, de quoi bien rebondir sur le dancefloor a ressort du Trianon. Live

Malicorne - 17 mars @ Bibliotheque Historique De Paris, Paris
Enfin ! Qu'ils sont insupportables de bourlinguer à droite à gauche partout en France sauf à Paris. Mais c'est enfin que je fais la connaissance de Gabriel Yacoub et de Marie ! Pour un show évidemment beaucoup trop court mais à tout à leur honneur car ils sont venus célébrer Paris. Du caractère insolite du lieu, ils agrémentent la messe de lectures et anecdotes sur la capitale. Enfin quel bonheur de les entendre clamer ces chansons d'antan, ces airs empruntés au répertoire traditionnel. Hmmm, sortez vos épinettes et vièles de gambe, ça déménage ! Live


Théâtre

Anna Karénina, Théâtre 14, Paris
Enfin l'occasion de connaître l’épilogue du chef d'oeuvre de Tolstoï. C'est qu'au détour de ce pavé de la littérature russe, on peut irrémédiablement s'égarer dans le noms des protagonistes, perdre pied et le livre des mains pour enfin ne jamais le ramasser. C'est ce qui m'est arrivé. La pièce proposée par le Théâtre 14 me réconcilie avec l'écrivain. La mise en scène est dynamique, cinématographique et met parfaitement en contraste les destins opposées de Lévine et Anna : l'amour raisonné pour l'un, la passion dévorante pour la seconde. Et au passage, big up à Mickael Kyle (alias Stéphane Ronchewski). Site

Par-delà les marronniers, Théâtre du Rond-Point Paris
Le pré-dadaïsme reste un sujet un peu éloigné de mes préoccupations. Les revues (genre théâtrale) encore moins, limite que ça m'effraie, je vais pas au théâtre pour voir une énième saison de Glee. Il n'empêche que malgré la forme musical hall du spectacle qui m'a un peu horripilé, j'ai réussi à me passionner pour la vie des trois bonhommes : Arthur Cravan, Jacques Vaché et Jacques Rigaut. Pour le jeu avec les mots, cette passion pour la subversion, la vie à cent à l'heure et le contre-courant perpétuel. Des artistes qui ne fabriquent pas de l'art. Des artistes qui sont l'art. Site 

dimanche 10 avril 2016

SolangeBouffeTaCultureChallenge - 2016 - Trimestre 1 (1/2)



Jeux-vidéo

Her Story (Sam Barlow, 2015)
Je dois avouer que j'ai boudé le jeu en 2015, le concept derrière le gameplay ne m'inspirait que guère. Passés les préjugés, le jeu est en fait absolument addictif. Merci à un scénario suffisamment alambiqué amené de manière à ce que la curiosité et les spéculations l'emportent. Le gameplay se résume donc à une interface de base de donnée. Suivant les mots clés qu'on n'y renseignera, des vidéos au compte goutte sont retournées. Le joueur tente de démêler l'enquête policière au sujet de la disparition d'un homme, notre témoin est une mystérieuses femmes. Trailer

The Witness (Jonathan Blow, 2016)
Oui oui, The Witness m'aura apporté son lot de moments d'épiphanie. Mais tout comme son premier né Braid, il y a moment où point trop n'en faut. L'île est un délice à explorer, il y a la même quiétude quant à un Everybody gone to the rapture mais à ceci prêt que les insulaires seraient figés dans le béton. Je ne peux nier que le jeu offre un spectacle formidable et invite à l'introspection tant le propos porte à l'universalité. Mais bordel, 667 puzzles, à tracer des traits à n'en plus finir, y a de quoi devenir maboule. C'est tout à son honneur tant l'obsession qu'il créé arrive à nous habiter même après avoir joué. Trailer

Unravel (Coldwood Interactive, 2016)
Unravel est ce que l'on a fait de mieux à l'heure actuelle en terme de Limbo-like. Ce qui va m'obliger de parler à partir de maintenant de Unravel-like. Yarni, le personnage principal est attachant au possible. De sa nature intrinsèque (un pelote de laine), le jeu déploie un gameplay enrichi qui autorise des énigmes qui collent à son univers. Enfin et surtout, à travers les photos de famille que l'on découvre, le jeu a le mérite de dresser un portrait très humaniste, beau et universel sur la vie et le fil qu'elle suit. Les clins d'oeil à Journey (les deux derniers niveaux en l'occurence) sont appréciés. Trailer

Firewatch (Campo Santo, 2016)
Premier né du Studio Campo Santo, où l'on incarne un garde forestier dans un somptueux décor pastel qui va savoir pourquoi me fait penser à No Man Sky. Tout comme un Gone Home, le jeu nous porte à la diagonale de ce que le jeu veut bien nous faire penser. C'est assez linéaire, on a l'impression de faire une randonnée avec le nez collé toutes les 30s à VisioRando mais le dynamisme des dialogues radio fait qu'on ne s'ennuie jamais. Il y a un peu l'effet du tout ça pour ça, il en reste cependant un moment de jeu qui mérite d'exister. Trailer

Samorost 3 (Amanita Design, 2016)
Je les aime les tchèque de Amanita Design. Ils avaient soufflé en 2009 un vent de fraîcheur sur le point'n'click avec Machinarium. En 2012, c'est la consécration avec Botanicula qui nous fait entrevoir un après, une manière de sentir le jeu autrement. Aujourd'hui, ils reviennent avec leur première licence : Samorost Le résultat est de facture plus standard. Il n'empêche que c'est magnifique, organique comme en témoigne leur marque de fabrique, leurs tableaux grouillent de vie, de textures, de matières. Les énigmes sont toujours aussi sensitives en invoquant une logique autre. Le jeu est d'ailleurs plus ambitieux, le petit lutin de Samorost est, je l'affirme, le nouveau Petit Prince. Trailer


Cinéma

Trois souvenirs de ma jeunesse (Arnaud Desplechin, 2015)
Trois souvenirs de durée complètement asymétrique, on fait ce qu'on peut. C'est français, et il y a ce que j'aime dans ce cinéma français : le lyrisme des mots, la poésie des attitudes, la théâtralité de la vie. Le film canalise toutes les histoires d'amour vu et revu et entendu et les magnifie dans une romance à laquelle on a envie de se prêter. Le casting est ouf, j'ai même envie de voir Quentin Dolmaire comme le Antoine Doinel qu'il est, attachant et fou. Ce film est authentique, passionné, et ambitieux sans tomber dans la lourdeur. BA

Le garçon et la bête (Mamoru Hosoda, 2016)
Vu dans le cadre d'une avant-première dans la salle de projection privée Pathée avec des fauteuils qui tournent sur eux-mêmes, merci SensCritique ! Quel régal de retrouver le réalisateur de La Traversée du Temps, Summer Wars ou encore Les Enfants Loups. On va pas le cacher, à chaque fois le divertissement est ambitieux et à la hauteur pour rivaliser avec ce que l'on pourrait attendre d'un autre studio bien connu. Il n'empêche les films de Mamoru Hosoda sont intelligents de part les enjeux sociétaux qu'il portent mais restent fou-fou, extraordinaires, euphoriques. BA

Notre petite soeur (Hirokazu Kore-eda, 2015)
A croire que I Wish (2012) a été un coup de génie non reproduisible. Il y avait cet élan spontanée, cette générosité désarmante qui élève à un autre niveau le sensible en chacun de nous. Tel Père, tel fils (2013) et enfin Notre petite soeur ne sont pas mauvais, ils sont simplement mignon. Ca invoque l'or d'une une enfance paisible, l'unisson d'une famille qui se porte les uns les autres, les tracas ne sont jamais graves. On a donc un petit Kore-eda qui ne sort pas des sentiers battus, nous fait quelque peut chavirer mais à quoi bon quand on sait qu'il peut nous secouer aux larmes. BA


Livres

Un an dans la vie d'une forêt (D.g. Haskell, 2014)
L'essai est singulier de part l'expérience que propose l'auteur : relater pendant un an les changements qui s'opèrent dans le mandala, un mètre carré de forêt qu'il a circonscrit pour l'étudier. C'est surtout une opportunité pour l'auteur de nous partager son savoir universitaire. Ça fourmille d'anecdotes qui prêtent à sourire tant elle remettent en perspective notre place sur Terre en tant qu'être humain. Ca m'est malheureusement apparu un peu redondant vers la fin (suite à la lecture d'un Jared Diamond) mais peut-être que c'est ce genre de livre qui mérite d'être lu doucement avec la zénitude qu'il inspire. Babelio

Boussole (Mathias Enard, 2015)
L'auteur ne nous ménage pas ; qui n'a pas un minimum de bagage sur l'orientalisme va s'en prendre pleins la gueule. On peut discuter cent sept ans sur la pédanterie de l'auteur, je prends cet ouvrage comme une invitation, non pas à du tourisme en dilettante, mais à un voyage qui nous transforme et nous fait toucher de près la vie d'un certain érudisme universitaire. L'Orient, l'orient par l'occident, l'orient de l'orient : de quoi y plonger à corps perdu, se rapprocher du fantasme, faire le pont entre les influences. Un livre qui se veut indispensable pour témoigner des bouleversements actuels. Babelio

Les falsificateurs, Les éclaireurs, Les Producteurs (Antoine Bello, 2008-15)
Trilogie jouissive de part l’imagination débridée que déploie Antoine Bello. Le CFR (Consortium de Falsification du Réel) est une organisation qui a la motivation occulte d’altérer des faits du réels. Un peu à la manière d'un récit initiatique, Sliv Dartunghuver fait carrière et découvre petit à petit les rouages du groupe pour lequel il ignore le dessein réel. Meilleur scénariste que falsificateur, c'est dans cette première discipline qu'il va nous éblouir, dans un exercice ludique, grâce sa capacité à fabuler sur des faits historiques pourtant bien connus. L'Homme ne serait rien sans ses histoires. Babelio

Punkryden Mixtape - 60

1. Peter Kernel - High Fever Sonic Youth
2. Flotation Toy Warning - This Is Not A Lifesaver WTF
3. Boom Bip - Do's and Don'ts  bip
4. Bradley Hathaway - Samuel emo
5. Stargaze - Data Deerhoof
6. Peter Kernel - It's Gonna Be Great Sonic Youth 2
7. Stranded Horse - Refondre les hemispheres kora
8. Julia Wolfe - Anthracite Fields- IV. Flowers hanté
9. Unknown Artist - Disco Duck I  canard
10. Le Coq - Do your thing moondog's not dead [4]

dimanche 10 janvier 2016

TOP (c) 2015 : Expo/Spectacle/Théâtre


1. Inside, Palais de Tokyo, Paris
2. Paris Face Cachée : Le temps d'une passe, Bains Douche Castagnary, La Main, Paris
3. Le Japon au fil des saisons, Musée Cernuschi, Paris
4. Le Bord des Mondes, Palais de Tokyo, Paris
5. Marie Tudor - Théâtre La Pépinière, Paris
6. Bigre, Théâtre du Rond-Point, Paris
7. Voyages avec ma tante - Théâtre La Pépinière, Paris
8. L'Art dans le Jeu Vidéo, l'inspiration Française, Art Ludique, Paris
9. Le chat et ses photographes, Mep, Paris
10. Musée phallologique islandais, Reykjavik, Islande

Envie : Prosopopées : quand les objets prennent vie (Le 104), ...