samedi 31 mars 2012

Punkryden Mixtape : March 2012

Un âne illustrant cette Punkryden Mixtape du mois de mars pour le plaisir simple et gratuit d'annoncer que je passe du coq à l'âne. Une introduction totalement bâclée ; je pensais faire comme Christophe de la Sélection Rock Indé de Christophe sur Radio Grand Brive (94.3 FM) tous les lundis à partir de 20h30 :  « faire "sobre" genre artiste, titre de la chanson et hop place à la musique \../ ». Il n'en sera pas ainsi car commençons tout de suite avec Peter Broderick et le titre It Starts Hear. Ça commence donc ici pour les anglophones que nous sommes. Le jeune américain d'un an mon cadet me séduit enfin avec des titres pop accrocheurs de son nouveau concept album website. Le piano toujours comme meilleur ami, c'est un autre sentiment que l'ennui qu'il fait enfin naître : un sentiment bien. Toujours dans cette même optique du « zéro risque » qui caractérise la Sélection Rock Indé de Christophe sur RGB radio corrézienne haute en couleurs, viens le titre le plus pop du dernier effort math et hardcoreux (Recreation) des Nantais de Papier Tigre (à prononcer Papyeah Teegrr dixit LastFM). Rien à dire sur le Tindersticks (The Something Rain) qui représente mon entrée en matière dans la discographie bien assise du groupe grand breton. Grimes ou les quota mainstream et hipster crevant le plafond simultanément. Je m'étais juré de ne pas aimer voire détester très fort mais j'en suis venu à l'écoute quotidienne savourant fébrile ma dose de Claire Boucher. On se change les idées et continue notre écoute avec Sharon Van Etten pour un titre rock inquiétant issu de la galette dark folk Tramp. « J'enfonce mes doigts dans l'origine du monde, lui fait lécher La regarde puis recommence malgré son air dégoûté ». Fuzati est définitivement un homme de bien. C'est qu'il a le don de cristalliser les idées aussi ; l'art du bon mot et en abondance. « La Taupe » film complexe qui tend à te plonger dans une torpeur feutrée ; la bande son en est que réussie. Du Miles Davis et son Ascenseur pour l'échafaud, une note de Nouvelle-Orléans post-Katrina : la trompette est l'instrument sexy par excellence. The Books est mort, vive The Books! Ou plutôt vive Zammuto car oui la moitié bibliothécaire n'a pas totalement tournée la page. Cette basse, oui, cette basse érogène, tu la sens? Trop de sérieux tue le sérieux. On se détend avec le titre doublevé té èff de Salut c'est cool, qui lui parle de choses sérieuses. Avant d'en finir, il m'est nécessaire de préciser que le rock, bah, c'est nazebroque. Sauf que parfois ça tient à un détail prêt ; Steve Albini aux manettes et va pour près de 8 minutes de rock régressif 90's totalement jouissif des Cloud Nothings. Tu vas payer pour ça, Voldermort!

1. Peter Broderick - It Starts Hear 
2. Papier Tigre - Demand 
3. Tindersticks - Show Me Everything 
4. Grimes - Vanessa 
5. Sharon Van Etten - Serpents 
6. Klub des Loosers - La fin de l'espèce 
7. Alberto Iglesias - George Smiley (Tinker Tailor Soldier Spy OST) 
8. Zammuto - Idiom Wind 
9. Salut c'est cool - Ces Sentiments
10. Cloud Nothings - Wasted Days 

vendredi 23 mars 2012

Botanicula

Les jeux vidéo indés, c'est la vie. Les studios développant ce genre de productions sont sans-le-sous et c'est le plus souvent par un travail d'orfèvre qu'ils se distinguent des grosses firmes à blockbusters qui monopolisent le marché. Le temps pour accoucher d'un nouvel opus peut s’étirer indéfiniment ; 4 ans que j'attends la sortie de The Last Guardian, dernier né des studios Ueda au développement plus que chaotique. La patiente des joueurs est mise à rude épreuve mais le résultat est là : en plus du plaisir vidéo-ludique, une dimension artistique est souvent présente donnant au jeu un caractère d'oeuvre d'art.

Machinarium, issu du studio tchèque Amanita Design, est de cette trempe. L'IGF (Independant Game Festival) de 2009 ne s'y trompe pas en lui adressant le prix de l'«Excellence in Visual Art». En effet, dans ce point'n'click, le joueur est plongé dans un univers robotique (mais pas déshumanisé) où chaque décor est un enchantement pour les yeux tant le soin du détail est poussé. On incarne un petit robot qui va à la recherche de sa dulcinée ; son parcours sera bien sûr fait de rencontres surprenantes et attachantes. Le point fort du jeu réside avant tout dans son pouvoir à émouvoir le joueur malgré une durée de vie de 5h : l'expérience est courte mais intense.


Faisons toujours confiance à l'IGF, car cette année, le lauréat au titre de l'«Excellence in Audio» n'est autre qu'un jeu développé par le studio Amanita Design : Botanicula. Gros point d’interrogation sur le gameplay en jetant un oeil au teaser ; Botanicula est un point'n'click tout comme Machinarium où il est question d'exploration et de casse-têtes. On sera en charge de cinq petites créatures qu'il faudra surveiller tout le long d'un voyage dont la finalité est de sauver l'ultime graine de l'arbre mère infecté par les parasites. Je vous laisse vous gargariser avec les différentes vidéos en attendant avril 2012, pour un début d'immersion dans ce microcosmos féérique.


samedi 17 mars 2012

Antoine Fadavi

Je m'adonnais à l'écoute enthousiaste de ce groupe français (Gâtechien) à la déflagration rock qui fout la patate quand soudain. Soudain, soudain, j'ai fait connaissance avec Antoine Fadavi. La rencontre était fortuite car le lien entre punk à chiens et le jeune homme de 12 ans m'échappe encore. Je vous propose donc un portrait (Hipstamatic. John S (Objectif) - Blank (Pellicule) - No flash) de ce Justin Bieber à la française. 


Domicilié sous mon arrondissement, il peut tout comme moi se targuer d'avoir la vue sur une Tour Eiffel. Mais la comparaison s'arrête là. A l'aise avec les réseaux sociaux, il alimente des fan page Facebook et Twitter sur sa passion : les drums. 1 an et demi de pratique, un bon potentiel, mes désirs meurtriers quand il fait rouler ses baguettes abusement et toutes ces filles qui se pâment sur sa bouille d'éphèbe dont Leonard de Vinci aurait pu en faire sa petite pute. Autant de raisons de le détester.

Il fait quand même preuve d'une intelligence et d'une maturité rare pour pour son âge. S'exprimant correctement (du moins à l'écrit), je me questionne encore (ravi mais un poil nostalgique) sur mais où s'est volatilisée la génération sms. Donc en plus de sa passion des baguettes, il s'illustre dans des vidéos à l'humour catastrophique, au jeu d'acteur cataclysmique mais sous une apparence naïve assez futées. Laissons le nous donner des conseils 100% love ou insister méchamment pour lui dire que bon j'ai 23 ans et je suis quand même un jeune hein. Et puis, il reste ses Q&A pour nourrir le culte de sa personnalité. 

Après avoir écouté un nombre trop prononcé de fois la chanson de Fuzati pendant la rédaction de ce présent article, je suis en droit de m'interroger. A douze ans aussi, j'avais cette effervescence et volonté créative. Le résultat est bien loin du compte par contre, les moyens n'étaient pas les même aussi. A l'heure du 56k, où quand le mot faire le buzz n'était pas encore entré dans les mœurs, tu faisais quoi toi à 12 ans?

mercredi 29 février 2012

Punkryden Mixtape : February 2012

Février : les petits oiseaux s'apparient, les phéromones sont dans la place, c'est le mois de l'amour et la fertilité qui est célébré. Il m'en faut pas plus comme raccourci tarabiscoté pour que le thème majeur de cette Punkryden Mixtape soit Le France, le vrai! Voici donc une playlist qui se veut franchement francophile, francophone en toute franchise. En numéro un, vient un Breton (ça arrive) multi-instrumentaliste un peu disjoncté qui évolue dans un tohu-bohu qui s'imprime vite bien fait dans un recoin de ton crâne. De math-folk, j'aurais qualifié ça, bien sûr pour le côté orgastique et fougueux des mathématiques. On prend ensuite la route avec les parisiens de Limousine. Titre qui illustre à merveille le road-movie imaginaire, feutré et calfeutrés l'un dans l'autre où vers quelle destination on va je l'ignore. Au carrefour entre jazz et post-rock, la lune, c'est certain, de sa lumière veille sur ce doux voyage. Non pas imaginaire mais de George Méliès (1902), c'est maintenant Objectif Lune avec les Versaillais de Air. Coutumier des B.O.F. de la fille Coppola, on retrouve après 7 ans enfin le duo enfin en grande forme pour ce trip cosmique et ludique. C'est ensuite Lescop, front-man, d'«Asyl : futur grand groupe de rock fr ?» qui accompagne ton projet immobilier partout en France grâce à la proximité de ces 750 points de vente. Un mélange improbable de Joy Division et d'Etienne Daho pour un rendez-vous improvisé sous la Lune. Fière comme un 2 en chiffre romain, Limousine rembraille pour un autre titre de cet album, da best de ce début d'année, moi je vous le dit. 1975, c'est back to the future directement à la pré-histoire du folk à la française. Je vous prie de m'excuser : l'emprise d'Emmanuelle Parrenin et son chant des sirènes sur ma personne est tellement forte que j'abandonne provisoirement toute tentative de récit sur sa musique. Satanée sorcière adorée! On se détend, enfin : Anja Franziska Plaschg (Savon&Peau) l'a fait. «Voyage Voyage! Ne t'arrête pas!». Accent à couper au couteau, toute choupie, l'autrichienne donne définitivement ses lettres de noblesse à ce grand et acclamé top hit de la bien-aimée Desireless. «Couché tard, ne pas me lever demain matin» c'est sans doute mon destin tragique si je n'arrive pas à conclure cet article. Chanson traditionnelle réarrangée en 77 par Malicorne,  qu'on se le dise, elle n'est pas à destination des fainéants celle là. Soko, la frenchie not SoKute délivre enfin son premier album, délicat et minimaliste ; ici douce rêverie qu'elle nous compte sur son premier amour. Et je vais enfin pouvoir aller me coucher ; Gui Borrato transfigure le matériau médiocre de Battles, du génie le brésilien! DODO! DODODODOD§§

1. Mein Sohn William - Until The End
2. Limousine - La Gaviota
3. Air - Sonic Armada
4. Lescop - La Foret
5. Limousine - Drianke
6. Emmanuelle Parrenin, Phil Fromont, Claude Lefebvre - La Sirene
7. Soap&Skin - Voyage Voyage
8. Malicorne - Couché Tard, Levé Matin
9. Soko - First Love Never Die
10. Battles - Wall Street (Gui Boratto Remix)




dimanche 29 janvier 2012

Punkryden Mixtape : January 2012


«Changes»  comme pour symboliser une transition quant à cette nouvelle année 2012. C'est Sandro Perri qui nous délivre une pop luxuriante et rayonnante que s'en est le «cap d’agde en plein hiver». Avant de glisser insidieusement en contrées folktronica pas pour me déplaire. On est donc parti pour la session de rattrapage de 2011. «The Human Condition», non pas une réflexion sur l'existentialisme comme on pourrait le sous-entendre mais la pop décomplexée de Jhameel. Le jeunot californien jouit littéralement dans mon oreille ce beat qui n'a rien à envier à celui du King of the Pop (je me touche quand j'écris des phrases). Viens Lucrecia Dalt, le groupe dont je ne sais rien de rien mais qu'est-ce que c'est bien. Et puis à quoi bon se poser tant de «Questions» ? Quant au titre de Chris Watson, c'est un chef d'oeuvre absolu. Des heures d'enregistrements sur une ligne ferroviaire (maintenant disparue) retravaillées, servant ainsi de solfège à un morceau incroyablement mélodique. Ensuite, toujours et encore, Shara Worden que j'ai envie de mettre à l'honneur car je l'aime d'un amour vraie et sincèrement dérangé. C'est avec les instrumentaux de Clogs que la collaboration s'est concrétisée en 2010 ; «The Creatures in the Garden of Lady Walton» principal compagnon récurent de ce mois de janvier. Une chose est sûre, Low Roar, c'est beau alors tu ne peux que voir juste si sur l'étiquette figure «Made in Iceland - Pur cachemire - Laver à la main». On reste en terre de glace et ce sont des monstres et des hommes qui la font fondre avec un titre festif qui lorgne du côté de The XX (ou Stars). On le consomme vite vite vite pour ensuite  par définition s'en lasser. Petit intermède classique tout en légèreté avec Friedrich Nietzsche. Avant de laisser place à 2012 et la très attendue Lana de l'île de Rey. Quota mainstream atteint. C'est l'artiste de la culpabilité ; malgré une instru putassière et des incrustations jungle dégeux, me gusta. On ferme ce chapitre avec de nouveau Clogs. «If this was our last song what would we do then?» Oui, hein, on se pose la question.

1. Sandro Perri - Changes
2. Jhameel - The Human Condition
3. Lucrecia Dalt - Questions
4. Chris Watson - El Divisadero
5. Clogs - The Owl Of Love
6. Low Roar - Friends Make Garbage (Good Friends Take It Out)
7. Of Monsters And Men - Little Talks
8. Friedrich Nietzsche - Einleitung III
9. Lana Del Rey - Off To The Races
10. Clogs - Last Song

dimanche 15 janvier 2012

Animal Hospital Ensemble


Sachez qu'il y a bien une Final Scene, d'une série UK là, qu'elle me fout des Goosebumps. Tellement intense que je me suis passé le monologue en boucle sans lassitude aucune avec toujours la même exaltation au rendez-vous. C'est la dernière minute 25s de la saison 4 de Skins UK. Il s'appelle Cook. Mais celui dont je vais parler ce soir/ce matin, tout dépend de ta latitude, c'est Kevin Micka alias Animal Hospital. 

Alex Hancock, Skins Music Supervisor, le type au job le plus cool de la planète, il y sait quelque chose.  «The two animal hospital tracks in this episode are so powerful and they feel like they were written for the scenes.» Je partage assez son avis et j'oserais même ajouter que les deux titres d'Animal Hospital dans cet épisode sont tellement forts et il semble qu'ils ont été écris pour ces scènes.

Fort de deux petites merveilles en 2009, Good or Plenty, Streets and Avenues puis Memory, ce dernier touche littéralement au divin. On compte aussi un effort Self Titled en 2005 mais plus anecdotique. Lors de ses concerts, ce «one-man musical recording/performance entity» s'enterre derrière une pile de matos électronique (boucle, pédales à effets, instruments..) pour ainsi construire méticuleusement des mouvements ambiant contemplatifs.

Mais fin 2011, l'ingénieur se fait visionnaire : Animal Hospital devient Animal Hospital Ensemble. En effet, trois des morceaux les plus poignants de Memory reçoivent la grâce d'une transposition orchestrale : 30 musiciens dont 22 guitares. Le défi ne s'arrête pas là,   l'expérience sonique -ce qui en fait le caractère exceptionnel- peut être qualifiée de surround : le public est littéralement encerclé par les musiciens! Kevin Micka, (son of a bitch) come to Paris!

lundi 26 décembre 2011

Punkryden Mixtape : December 2011


Même s'il est évident que St Nicolas a total plus la classe que le vieux barbu Coca-Cola, laissons nous envahir par l'esprit de Noël. Ce sont les ra-fifi-nés grind'acier d'Agoraphobic Nosebleed qui s'y collent. Un morceau de célébration de la nativité qui invite à glorifier la famille et les chocolats. Viens ensuite Emmanuelle Parrenin. Que j'ai pas encore eu le temps de mettre la main sur son Maison Cube (2011), alors, on se rabat sur son homonyme qui lui fait écho, Maison Rose (1977). La française délivre une folk traditionnelle lumineuse. Andy Stott, s'il y a bien un nom à retenir, en ce qui concerne les musiques électroniques en 2011, c'est bien celui là. Après le très doom et expérimental Passed me by, toujours dans la même année et toujours avec des sonorités que seuls les animaux peuvent entendre, l'EP We stay together vient juste à temps pour l'enrichir d'une pointe dancefloor salvatrice. Emmanuelle Parrenin, à l'honneur ce mois-ci, harpes, violes et épinettes des Vosges toutes dehors. Le morceau qui enterre l'idée que le trip-hop est né à Bristol et avec 15 ans d'avance s'il vous plait! Place à la jolie Sibylle Baier et le titre qui m'a mis dans un état tout émotionnel. Une authenticité désarmante issue du poussiéreux Colour Green (2006). Je suis désolé mais je ne peux pas m'en empêcher : le morceau suivant, c'est du prog. PROG! GONG! YOU! Alica Merz, sous le pseudonyme Birds of Passage, nous fait sentir que son morceau préféré de Sigur Ros, c'est bien Hjartað hamast (bamm bamm bamm). Ca doit être le mien mais soit. La néo-zélandaise pose une musique opiacée qui ferait tomber les chérubins de leurs nuages. 8 morceaux car oui, je voulais inclure ce titre de Michel Cloup d'une dizaine de minutes. L'ancien Diabologum a le turbo méga seum. Guitares aussi coupantes que des larmes de rasoirs, verve qui décape au kascher. Titre parfait pour se dépasser physiquement en gueulant façon yaourt des mots choisis : «Chaises (...) Vide des boîtes!». Final viscéralement jouissif. «Vide des boîtes!»

1. Agoraphobic Nosebleed - Little Town of Bethlehem 
2. Emmanuelle Parrenin - Thibault et l'arbre d'or 
3. Andy Stott - Posers 
4. Emmanuelle Parrenin - Topaze 
5. Sibylle Baier - The End 
6. Gong - Master Builder 
7. Birds of passage - Away With The Night 
8. Michel Cloup - L'enfant