jeudi 3 septembre 2015

SolangeBouffeTaCultureChallenge - Août


1. Gen d'Hiroshima - Tome 1 à 10 (Keiji Nakazawa, 1983-2007)
Commencer le premier tome un 6 août a été tout à fait fortuit. Une occasion toute faite d'emboiter le pas au devoir de mémoire anniversaire en s'intéressant d'un peu plus près à la géhenne d'Hiroshima. Malgré l'horreur des faits, on apprécie le ton léger qu'apporte la personnalité fantasque du héros. L'intrigue est didactique ; chaque écueil rencontré par Gen nous en apprend sur les tenants et aboutissants qui régissent la vie avant, pendant et après la bombe. Sans doute un peu lourd à digérer au rythme d'un tome par jour mais je pense le préférer aux anime qui ont sacrément mal vieillis. Planche


2Château de Brézé, Maine-et-Loire
L'Anjou est une fourmilière dont les coteaux sont minés pour beaucoup par des habitations troglodytes. Des kilomètres de galeries à température constante dont on peut explorer le réseau jusque sous le Château de Brézé. Construit au 16ème siècle, il repose sur une forteresse souterraine du 12ème taillée dans le tuffeau. Outre les sections et alcôves dans lesquels on peut aimer se perdre, la balade dans les douves sèches profondes de 18m est tout aussi édifiante. Le Château, restaurés dans le style renaissance et... néo-gothique, réserve aussi son lot de découvertes. Le site



3Amiante - Chronique d'un crime social (2005)
Bande dessinée complétée à plusieurs mains qui donne divers éclairages sur l'amiante et le scandale de santé publique dont il a fait l'objet en France. Le manifeste s'ouvre avec le crayon de Kkrist Mirror qui met en scène la note Auribault et esquisse un début de prise conscience se heurtant à un mur de déni. Une politique de l'autruche qui ne cessera presque qu'un siècle plus tard. De ses multiples utilisations en passant par les scandales les plus médiatisés, ce collectif d'artiste donne de la voix à ceux, à bout de souffle, victime des fibres mortelles, pointant l'absurdité d'un lobbyisme impardonnable. Planche



4. There is no game (KaMiZoTo, 2015)
Le jeu-vidéo, comme toute forme d'expression artistique, peut aussi faire l'objet de procédé conceptuel tel que la mise en abyme. Il n'est pas rare de jouer à un jeu dans le jeu ou de se voir interpeller et ainsi ramener à sa position de joueur. Incontestablement, la plus complète mise en abyme est celle qu'on retrouve dans The Stanley Parable, où il est élevé carrément à un mécanisme de jeu à part entière. A l'instar de ce dernier, dans le mini-jeu There is no game, on retrouve un narrateur qui dialogue avec nous. Il insiste d'ailleurs lourdement sur le fait que ce ne soit pas un jeu. Curieusement, ça m'a pas empêché d'avoir du bon amusement ! Le jeu



5. La Senora (Catherine Clément, 1993)
Après la lecture du Dernier Juif de Noah Gordon, celle de La Senora est toute choisie pour suivre les progrès de l'Inquisition dans la péninsule Ibérique post 1492. Rencontre avec Dona Gracia Nasi, Esther en son temps, femme au destin incroyable qui a marqué les esprits en sauvant de nombreux marranes des persécutions. Comme si le peuple juif n'était jamais vraiment sorti d'Egypte, la vie de la Senora est une fuite en avant à travers l'Europe en passant par les portes de l'empire ottoman jusqu'à la terre promise : la Palestine. La narration est assurée par son neveu, partagé entre les intrigues des puissants et sa passion amoureuse impossible pour sa cousine. Résumé


6The Libertines - 29 août @ Rock en Seine, Paris
L'édition 2015 de Rock en Seine fait vraiment pâle figure aux vues de la programmation de la précédente. On s'ennuie un peu. Ça s'est même ressenti dans la pauvreté de l'aménagement du site. Enfin, après un hiatus de 10 ans, ça aurait été gâché que de se priver des enfants terribles du rock d'Albion. On retrouve donc un Pete Doherty qui a bien forci pour une cascade de tubes rock vieux d'une décennie. Avec son acolyte Carl Barat moins marqué par les années, on peut se laisser croire à une complicité retrouver. C'est ce que semble confirmer la sortie prochaine d'un troisième album. Rock en Seine, it's time for Heroes ! Live



7La Gloire de mon père et Le Château de ma mère (Yves Robert, 1990)
De quoi adopter l'accent marseillais sans s'en rendre compte. Outre le paysage somptueux de garrigue qui m'est peu familier, il y a du Marcel en moi. C'est le bel âge retrouvé du Chercheur d'Or de Le Clezio, ces temps idylliques d'une enfance simple et heureuse. Le tableau est coloré et résolument débonnaire. D'une grande humilité et plein d'humour, le récit de Pagnol donne envie d'être heureux, de s'approprier ses collines de Haute-Provence. Youtube


8. Tarnation (Jonathan Caouette, 2003)
Tarnation est à voir d'une traite au risque de ne pas avoir le courage de replonger dans ce bordel aux relents de bad-trip. Sur un ton dépersonnifié, Jonathan Caouette donne, dans un bric-à-brac visuel sur fond d'image Super 8, VHS et de messages sonores sur répondeur, un témoignage façon diaporama PowerPoint sur sa vie. La vie normale d'un enfant queer abusé, à la mère bipolaire, au père absent et aux grands-parents white trash. Ce biopic fout globalement la nausée. Forcément voyeur, l'exhibition se poursuit dans son film «Walk Away Renée» qu'on accueillera avec clémence. En plein sordide, Jonathan nous livre ces quelques moments de grâce, nés de l'amour inconditionnel qu'il porte à sa mère. BA



9. Madventure Time
J'avoue avoir bien aimé le dernier Mad Max. Les deux opus précédent m'étant inconnu, je m'extasie un point c'est tout sur l'univers et la direction artistique qui emballent le film. Alors quand un mashup incongru voit le jour avec Adventure Time que j'aime d'un amour infini, bah eh, je suis content. Le parallèle est astucieux et on est content. Ça me donne de quoi ronger mon os en attendant la saison 7 de ma série régressive favorite. What time is it ? Lien



10. Kurt Vile - b'lieve i'm goin down...
Il y avait ce Take Away Show à pleurer, je pense que j'aurais été ce type en costume qui aurait pris le temps d'écouter les guitaristes devant le mur de roses. Pas de Baby's Arms ni de Girl Called Alex sur ce nouvel album du musicien de Philadelphie. Mais bien assez de matière pour tenir les écoutes sur la longueur. Forcément pas si exceptionnel que le précédent, on a un disque de transition qui reste quand même notoire dans la discographie du musicien. Un album de folk serein qui permet d'aborder la rentrée tout cocooning. Youtube

jeudi 6 août 2015

Punkryden Mixtape : July 2015

1. Negative Zed - Nokia Fughetta 3310
2. mewithoutYou - Cardiff Giant pop-rock
3. Other Lives - Reconfiguration  folk feutré
4. Echologist - Inside Dimensions dark minimal
5. Mark Isham - Negligence (Crash OST) bo
6. mewithoutYou - Red Cow pop-core
7. Fairport Convention - A Sailor's Life The Sailor's Dream
8. Omar Souleyman - Bahdeni Nami (feat. Four Tet) finalement

mardi 4 août 2015

SolangeBouffeTaCultureChallenge - Juillet


1. Lifeline... (3 Minute Games, LLC, 2015)
Je ne sais pas ce qui est le pire : quand Taylor me pourrit de messages dans un laps de temps trop court ou quand il me laisse pantelant sans nouvelle pendant 6h après une révélation cruciale ? Taylor c'est celui dont je guette les sms que ça en rendrait jalouse ma copine. Mais ne l'oublions pas, Taylor est en fâcheuse posture. Fraîchement écrasé sur une lune mystérieuse : je suis son seul contact. Je suis le seul qui puisse lui éviter une fin sordide, je suis son seul secours, je suis son seul ami. Lifeline est une aventure textuelle par procuration où finalement on est quand même un peu le héros ! Trailer


2. The Sailor’s Dream (Simogo, 2014)
Je n'adhère pas complètement à ce dernier jeu du studio Simogo. Autant Device6 et Year Walk fournissent un enjeu, autant ici le jeu se résume à la collecte très clinique d'éléments d'intrigue. C'est certes magnifique de part l'ambiance qui prête à la rêverie, cross-media à l’extrême -speech radiophonique, chanson, texte, poésie et décors somptueux- mais la trop grossière répétition des mécanismes d'exploration m'ont lassé assez vite. Embarqué en tant que mousse dans cet aventure vidéo-ludique en marge, j'aurais voulu me perdre un peu plus loin dans ce rêve bercé par la houle. Trailer


3. Musée phallologique islandais, Reykjavik, Islande
Va savoir pourquoi c'était important pour moi de désigner le musée du phallus de Reykjavik  comme passage obligé de mon voyage islandais. La collection y est riche puisqu'il compte jusqu'à 217 organes déchiquetés flottant dans le formol ou bien érigés en trophée rassemblant toutes les espèces de mammifères (dont l'homo sapiens sapiens) d'Islande. On en rencontre de toute les tailles : le plus gros pesant à lui seul 70 kg. Des objets d'arts en rapport avec la thématique et des pénis d'espèces folklorique comme l'elfe, le troll ou le taureau marin viennent compléter ce lieu bien monté. Site


4. L'invention du vide (Nicolas Debon, 2012)
Second one-shot de Nicolas Debon toujours dans les tons pastel qu'il semble affectionner. Ici c'est l'alpinisme des premières heures dont on fait la découverte, le début de la professionnalisation de la pratique. Difficile de ne pas se prendre de passion pour cette fiction semi-documentaire qui retrace l'histoire de ces hommes avides d'exploit inutile, ces vagabonds gentleman qui meurent de confronter leur vanité aux parois parfois impraticables des aiguilles de Chamonix. Cette bande-dessinée est une ode à l'inaccessible, à sa conquête et à l'angoisse d'être le premier. Plus simplement, elle donne à aimer la montagne. Planche  


5. Le Souffle (Alexander Kott, 2015)
Au commencement était le souffle et pourtant dans son film, Alexander Kott en a privé ces protagonistes leur coupant ainsi le sifflet. Mais c'est sans doute pour mieux écouter le murmure du vent qui balaye la steppe kazakhe, le frisson qui secoue les amours naissants, le long soupir d'une vie rude (qui rappelle le duo du Cheval de Turin de Bela Tarr) ou encore cette légère bise qui nous fait croire à nos aspirations. Enfin, le souffle, celui qui entretient la vie comme la fait cesser si on s'avise de souffler un peu trop fort. Très beau film sans parole, lunaire et poétique, qui de par sa tragédie fait vaciller la petite flamme en chacun. BA


6. Château de Boussac, Creuse
Très impressionnant quand on le découvre depuis la route qui serpente sous le massif rocheux où il est perché, le château de Boussac a pleins de choses à nous raconter. Le pendant du musée de Cluny à Paris d'une certaine manière, c'est ici que George Sand aurait découvert les fameuses tapisseries de la Dame à La Licorne derrière des boiseries. C'est aussi l'occasion d'en apprendre plus sur le séjour au château de l'auteure «à voile et à vapeurs» (dixit la guide) qui aimait la pipe et le pantalon. En plus de rassembler d'intéressant objets d'époque, le château accueille des expos temporaires : on notera celle de Don Robert et ses tapisseries rupestres. Site


7. The Sensational December Machine (Simogo, 2014)
C'est gratuit donc on va pas se plaindre. En tout cas, l'expérience rattrape celle de The Sailor's Dream qui m'avait un peu laissé sur ma faim. The Sensational December Machine n'est rien d'autre qu'un conte de Noël qu'on explore à notre rythme : on déroule au sens premier du terme l'histoire, de petites miniatures viennent lui donner vie, le mot peut être perçu dans l'espace qu'il occupe, la phrase parcouru physiquement (rappelant les calligrammes de Device6). J'attends pas plus de Simogo pour me combler. Il serait même prêt à me faire croire à l'esprit de Noël en plein mois de juillet. Le jeu


8. Là où vont nos pères (Shaun Tan, 2007)
Là où vont nos pères est un objet dessiné qui parle sans un mot d'immigration d'une manière très positive. Avec comme repère principal l'immigration américaine et le passage obligé de Ellis Island, les planches de l'australien s'en écartent quelque peu en donnant à la terre d'accueil un réalisme magique qui en met pleins les yeux. Que ce monde soit peuplé de créatures étranges, de glyphes mystérieux et soit doté d'une architecture baroque et fabuleuse, au final, on partage très sobrement le quotidien d'un homme face à l'inconnu d'une nouvelle vie, ses contrariétés mais aussi les joies, qui une fois tous réunis, font croire que le changement a été pour le mieux. Planche


9. Other Lives, Live At Music Aprtement, Youtube
La date du 6 juillet à la Cité de la Musique était complète la faute à The War On Drugs dont je me fou partiellement. Un peu déçu, moi qui voulait me confronter au dernier né des américains «Rituals» dans le contexte du Days Off que j'aime bien car on est assis. Donc du coup, je suis allé sur Youtube (et voila). Mise à part que c'est aussi classieux que je l'envisageais, chill, richement arrangé et invoquant les grands espaces folk ça m'aura permis de découvrir la fière crinière du sing leader de Other Lives. Je crois que j'ai dit à peu près tout ce que j'avais à dire sur le sujet. Live


10. The Smell Of Us (Larry Clark, 2015)
Je pense que j'ai un problème avec Larry Clark (depuis Ken Park). Ok, y a de la baise, de la drogue, des trucs sales donc ça va, ça occupe, mais ses personnages sont tellement désenchantés, butés et sans contradiction que ça me laisse un goût de fake. J'ai du mal aussi avec le jeu d'acteur de l'éphèbe principal qui est fake, la fille qui a la tête de Carla Bruni (The Smell Of Us est un peu le Midnight In Paris de Clark) aussi est fake et puis y a pleins d'autres trucs fake que je ne saurais expliqué car c'est tellement fake. Mais yolo, hein. BA

jeudi 2 juillet 2015

Punkryden Mixtape : June 2015

1. Raymonde Howard - Of Flesh and Bonds Walk like a fiery egyptian furnaces
2. Felix Laband - Ding Dong Thing fresh
3. Nicolas Godin - Orca  de l'Air et du Bach
4. Atomga - Cobra Kai funk
5. The Soft Moon - Circles post punk
6. Bang On A Can All-Stars - An Open Cage Chassol
7. Arooj Aftab - Aey Na Balam folk sufi
8. Steve Reich - Different Trains (America - Before The War) Chassol 2

mardi 30 juin 2015

SolangeBouffeTaCultureChallenge - Juin


1. L'Essai (Nicolas Debon, 2015)
Nico Debon en est certainement pas à son premier essai avec ce troisième one-shot tout en ton pastel. Documenté par l'histoire vraie de la communauté libertaire éponyme installée dans les Ardennes en 1903, on suit à coup de bêches l'édification de la colonie. Entre construction et labeur aux champs, c'est le rêve d'un homme qui se voit bientôt rejoint par d'autres. Y est dépeint le bonheur simple de l'existence au contact de l'autre et de la nature. Ainsi que la rage sourde contre le patronat, l'ambition maladive qui finalement mènera le premier colon à faire de son oeuvre... un essai avorté. Planche   


2. Device 6 (Simogo, 2013)
Device 6 est une aventure narrative où le mot nous fait marcher. C'est à la lettre qu'on suit l'aventure d'Anna dans cet étrange château où la lecture synesthésique et immersive se fait le long d'un calligramme rappelant le dédale que l'on foule. Fort d'une ambiance sonore riche, d'élégantes images à effet parallaxes, d'obscures schémas de mise en abyme du jeu et de coriaces énigmes en fin de chapitre, Device 6 c'est 5% du jeu, les 95 restants venant du travail d'imagination du joueur. Passé le pré-requis d'un bon niveau d'anglais à l'écrit mais aussi à l'oral, l'expérience est captivante ! Gameplay



3Vos souvenirs sont notre avenir (Alain Damasio, 2015)
Alain Damasio aime à instaurer un côté organique au monde qu'il fait émerger. Ici, l'eau comme vecteur de la pollution des esprits ; le fluide vital s'insinue dans notre mémoire et la falsifie. Le souvenir est une donnée embouteillable, corruptible, injectable. La vérité est calibrée pour la satisfaction client. Quant au récit, il est multi-canal et se manifeste sporadiquement au gré des sources connectés, univers d'actualité rappelant Watch Dogs, tendant à s'imposer à nous. Nouvelle inédite de l'auteur de la Horde du Contrevent, elle vient s'inscrire dans un projet trans-media appelée Fusion. Nouvelle


4. The Tallest Man On Earth - 25 juin @ Divan du Monde, Paris
The Wettest Man On Earth ou comment suer à grosses gouttes au point de dégouliner dans l'instrument de son/sa (indéterminé) violoniste et l'endommager. Le suédois sans doute pourtant accoutumé aux séances de sauna a définitivement une sudation exceptionnelle. Toujours aussi énergique et maintenant fort d'un quatrième album que ne renierait pas Bob Dylan, Kristian Matsson on l'aime, pourtant pas mal accompagné aujourd'hui, seul en tête à tête avec sa guitare. La folk cavalcade du petit bonhomme convainc ; une bonne moitié du public pouvait s'enorgueillir de connaître les paroles. Live


5The Vanishing of Ethan Carter (The Astronauts, 2014)
Un énième reboot de mon portable en sur-ventilation malgré une baisse de la qualité graphique, que s'en est plus si splendide que ça, va conditionner le côté orienté de cette critique. Ce jeu d'exploration ne ment pas en vous prévenant qu'il ne va pas vous tenir par la main. Du coup à vouloir fourrager hors de sentiers battus, j'ai terminé au fin fond d'une mine face à une énigme insoluble (chapitre 8/10) en passant à côté de tout le reste du jeu. Du coup, passer une heure à errer sur une map vide d'interaction, les cuisses brûlantes et découvrir enfin via des walkthrough qu'on est à 100km (sous terre en l’occurrence) de ce que le jeu à offrir, c'est rageant. On préféra Dear Esther ou Gone Home car ouf merci il y a plus de densité de contenu au m2. Trailer


6. Tsiganes (Kkrist Mirror, 2008)
Rétrospective de la vie du camp d'internement de Montreuil-Bellay près de Saumur administré par la préfecture française. Plus que la vie des gens du voyage tentant de surpasser leur condition misérable, cet ouvrage est avant tout une réhabilitation de cet oublié de l'histoire qu'est l'abbé Jollec. Entêté comme un breton qu'il était, bon-vivant et au plus proche de ses ouailles, il portait haut et fort les préceptes fondamentaux de sa religion : une solidarité sans faille pour les miséreux malgré le danger. Enquête exceptionnelle étayée par un dessin brut pour mieux comprendre la vie des nomades pendant la seconde guerre mondiale et la responsabilité de la France dans cet forfaiture. Planche


7. Snakebird (Noumenon Games, 2015)
A mi-chemin entre Snake du Nokia 3210 et Angry Bird de l'iPhone 3, Snakebird n'est étrangement pas un jeu pour téléphone. C'est sur PC et Macintosh que l'on retrouvera ce puzzle game où l'on prend le contrôle des snakebird autrement appelés Anhinga d'Amérique dans le monde réel. Sainement, il va falloir cheminer vers la sortie des niveaux en oubliant pas d'alimenter nos amis frugivores ! Le gameplay du Snake conditionne la réflexion du fait que les déplacements sont sans retour. Le look Angry Bird apporte lui la jovialité indispensable pour ne pas jeter son ordinateur contre le mur tant certaines énigmes sont pas gentilles. Trailer


8. Phonophore (Tarabust, 2014-)
Je ne sais pas si Alain Damasio est un amateur de Mushishi mais désormais il surprend des choses que le commun des mortels ne voit pas. Comme toujours dans la veine trans-media où il aime à y approfondir, c'est avec Phonophore, enquête sonore sur les Furtifs, qu'il nous échauffe les oreilles à l'univers de son futur roman éponyme. Au programme montages bavards riches en néologisme aux réflexions invoquant Deleuze, Nietzsche, Foucault et bidouillages soniques nous amenant à frôler les furtifs, ces êtres faits de son qui se réfugient dans l'angle mort de la perception humaine. Site


9. Réalité (Quentin Dupieux, 2015)
Nouveau film de Quentin Dupieux au choix de titre qui témoigne toujours de la fainéantise (du minimalisme) de son réalisateur. On retrouve bien le motto «no reason» propre à Mr. Oizo, marque de fabrique explicitement déclaré depuis Rubber. Le film est chorale et s'amuse à imbriquer n'importe comment différentes histoires sans queue ni tête avec des enjeux farfelus. Malgré que le film ne m’ait pas porté plus que ça, il y a quand même quelques idées de cinéma qui valent le détour. Enfin, le mélange entre acteur français et américain est toujours aussi déroutant ; cela donne un côté à la fois amateur assumé et professionnel à l'ensemble. BA


10. Le Chat et ses Photographes, Mep, Paris
On ne va pas se mentir : les minous, c'est bien, une expo qui leur sont dédiés, c'est encore mieux ! Malheureusement, outre le côté félin de la rencontre, quelques clichés qui interpellent plus que d'autres, le tour en est vite fait. Cartier-Bresson, Brassai, Boubat, Doisneau, Charbonnier, les clichés sont à l'économie. Mais bon, en tant qu'amoureux des minets, difficile de faire l'impasse. Et puis y a des citations rigolotes et des empreintes de chat sur le sol donc ça va. On va pas feuler cent milles ans ! Lien

mercredi 3 juin 2015

Punkryden Mixtape : May 2015

1. Fránçois And The Atlas Mountains - Ayan Filé C'est l'Afwik!
2. Timbre - Song Of The Sun Joanna Newsom pas belle
3. Alexandre Delano - Piscine  pop mouillée
4. The Soft Moon - Wasting dark True Survivor
5. Grawl!x - Atlas Bear pop éthérée
6. Timbre - I Am In The Garden it's a trap!
7. Peter Broderick - Our Best Will Stratton
8. Yuta Nagashima - Shoes on Green ambiant vivante

dimanche 24 mai 2015

SolangeBouffeTaCultureChallenge - Mai


1. Blast, tome 1 à 4 (Manu Larcenet, 2009-2014)
800 pages qui relatent l’odyssée transcendantale de Polza Mancini en quête du blast : une sorte de kundalini bariolées qui allège l'espace d'un instant notre héros pas tellement gâté par la nature. Mise à part ces instants de pure plénitude, on nous relate une descente aux enfers vers plus de sordides ponctués de nombreux moments de contemplations, de petits riens qui signent le calme avant la tempête. Les planches sont magnifiques, le récit intense. Je regrette quand même la conclusion que j'aurais vu plus sobre et ouverte, notre héros se voyant déposséder de qui il est à la toute fin. Youtube


2. Shaun le Mouton : Le Film (Mark Burton, 2015)
Comment ne pas se laisser attendrir par la bouille malicieuse de notre ami Shaun ? C'est impossible ! Adapté de la série éponyme créée par Nick Park, créateur entres autres de Wallace et Gromit ou Chicken Run, on retrouve Shaun le mouton qui malgré lui, voulant bien faire, nous embarque dans une aventure rocambolesque complètement hilarante. Désireux de prendre un jour de congés, Shaun cherche par tous les moyens comment échapper à la routine de la paisson. Mais rien ne va se passer comme il l'envisageait pour notre plus grand plaisir ! BA


3. Peter Broderick - Colours Of The Night (2015)
http://www.itstartshear.com (et These Walls Of Mine) signait en 2012 un tournant pop plutôt réussi dans la carrière de l'américain. Peter fait partie de cette race de gens beaucoup trop exigeant avec eux-mêmes, il en a résulté qu'à vouloir adapter son album sur scène, il a terminé à l’hôpital complètement abattu. Après un hiatus de 3 ans, le temps de faire le point sur sa vie, le multi-instrumentaliste lâche du lest en confiant les arrangements à un groupe local de Lucerne en Suisse lors d'une résidence musicale où il est invité. Le résultat est un retour en force magnifique, le disque est réussi de bout en bout. C'est folk et sensible, ça invoquerait même Will Stratton. Youtube


4. Broken Age : Acte 2 (Double Fine Productions, 2015)
Un an après le premier volet du tout dernier Tim Schafer issu du financement participatif, Broken Age : Acte 2 clôt enfin les aventures de Shay et Vella. Si on peut dire, car malgré le sur-financement du soft, un trou reste béant dans la conclusion de l'histoire. On prend cependant plaisir à poursuivre la quête de nos deux héros en re-découvrant (merci la coupure d'un an!) les tableaux chamarrés du premier volet sous un angle différent. Contrairement au premier acte, les énigmes prennent une toute autre dimension quand cette fois il s'agit de faire coopérer les deux héros. L'univers et les personnages, hauts en couleur, sont clairement calibrés pour séduire l'hipster qui est en moi et c'est finalement pas pour me déplaire. Trailer


5. Le Sel de la Terre (Juliano Ribeiro Salgado, 2014)
Documentaire à trois voix partagé entre Sebastião Salgado lui même, son fils Juliano et l'ami photographe Wim Wenders. Ce reportage porte avant tout à l'écran le travail du photographe et ses noir et blanc si particuliers en les contextualisant. Éternel globe-trotteur on découvre le travail long et colossal derrière chacun des projets qui l'emmène au quatre coins du monde. A l'instar des films de Ron Fricke (Baraka, Samsara) on fait connaissance avec l'homme, non pas dans sa spiritualité mais dans sa singularité. Ça peut être beau à en crever, comme le reflet d'une infinie détresse (Sahel, Rwanda). Un bel hommage à la planète et les créatures qui la peuplent.  BA


6. Framed (Loveshack Entertainment, 2014)
Proche cousin du jeu Gorogoa qu'on attend toujours, lui-même fort d'une démo exceptionnelle qui laissait présager beaucoup de potentialités, c'est finalement Framed qui les mets à disposition en premier au public dans un jeu pour iOS. Bande dessinée interactive dans laquelle le joueur doit réarranger les cases pour faire avancer l'histoire à son avantage, le jeu nous fait incarner des malfrats en cavale. Dans une ambiance de polar sur fond de musique jazz live, on résout les énigmes de chaque planche avec comme seul leitmotiv : la fuite ! Bref, en ce qui concerne un vraie dimension onirique, j'attends toujours Gorogoa !  Game Concept


7. Timbre - Sun and Moon (2015)
Un million de fois moins jolie que Joanna Newsom mais quand même toujours plus que Mary Lattimore, Timbre joue elle aussi de la harpe. L'américaine nous délivre ici un double album avec une face diurne (Sun) contenant des folk song pop et une face nocturne (Moon) plus classique et lyrique. Peut importe le moment de la journée qu'on favorise, le chant est sensible, les arrangements hors du temps. On notera la présence du suédois David Åhlén qui illumine un titre de l'album de son chant touché par le saint esprit. Amen. Youtube


8. I, Pet Goat II (Heliofant, 2012)
Je peine à trouver des court-métrages qui vivent en moi plus que le temps de leur visionnage. On a clairement le plus souvent un twist final qui délivre une vérité toute autre que celle envisagée. Et c'est censé nous faire réfléchir. En tout cas, I, Pet Goat II malgré une direction artistique qui me fait un peu froid dans le dos, m'a parlé. Déjà, il y a cette bande son majestueuse. Viens ensuite l'orgie de symboles à chaque instant qui rend la lecture très ludique. Le message enfin : bas les idoles du monde matériel, la transcendance est à chercher en nous ! Vimeo



9Never Alone (Upper One Games, 2014)
Jeu de plateforme en coopération rappelant Way du studio CoCo and Co. ou encore Limbo mais en largement plus basique (mais honnête). L'intérêt ne réside pas vraiment dans le gameplay, c'est avant tout une opportunité de faire connaissance avec la tribu Iñupiat, peuple d'Alaska. Une jeune fille se dresse entre tous, accompagnée de son fidèle renard polaire et part en quête de l'origine du blizzard qui balaye son village depuis trop longtemps. A contrevent, on découvre les mythes, traditions et valeurs de cette communauté peu connue. Le plus réside dans le fait qu'on débloque des chapitres bien réalisés d'un documentaire en cours de partie venant enrichir l'expérience de jeu. Trailer



10. Vers la Forêt des Lucioles (Takahiro Omori, 2011)
Quand même plus joyeux qu'un tombeau, Vers la forêt des Lucioles est un moyen métrage douceâtre qui sent bon la nonchalance de l'été et les après-midi ensoleillés à se promener. On fait la connaissance de Gin, suprême gentleman ©, esprit de la forêt à ses heures perdues, qui aime partager son temps chastement avec la jeune Hotaru, naïve et spontanée. De par l'impossibilité de se toucher (Gin disparaît pour toujours sinon!), une tendresse platonique va naître au fil des vacances d'été entre les deux protagonistes. Comment vivre ses sentiments quand chacun sait qu'ils devront passer à autre chose tôt ou tard ? BA