mercredi 1 août 2012

Punkryden Mixtape : July 2012




Face à l’échéance qui arrive à grand pas, c'est dans l'urgence qu'on arrive à accoucher du plus gros de la besogne. La mixtape de Juillet étant fin prête depuis quelques jours, je vais donc précipiter la rédaction de sa description en me laissant l'espace d'une écoute comme seul délai de sa complétion à défaut de la centaine dans laquelle je m'enfonce pour ce pénible souci de perfectionnisme. Bien sûr, l'écoute se fera pas d'une traite car j'entends d'ici le plop tyrannique mais si attachante du Facebook auquel je dois répondre prestement parce que c'est important. C'est donc parti mon kiki! Et pas seulement mon kiki mais avec AU groupe de deux lettres présent dans la table périodique des éléments. Le groupe délivre une pépite pour les gens qui ont l'estomac solidement bien accroché. On embarque donc pour les montagnes russes façon math pop! Toujours dans cet esprit pop aventureuse, c'est avec Doldrums que l'on poursuit dans le train fantôme de cette grande fête foraine qu'est GooseLandia. La comparaison avec l'islandaise à l'origine de l'accent Bjorkien ne peut être considérée comme un crime de lèse-majesté. L'atmosphère est lourde, la chaleur est pesante, qu'il fait chaud! Enfin c'était le cas la semaine dernière, l'occasion donc d'écouter de la musique festive de là où il fait bon vivre! Un titre de Los Miticos Del Ritmo dont on ne présentera pas la chanson originale dont on nous propose la cover des plus originales. Par nostalgie, c'est certain, notre parcours musical s'arrête sur l'indie pop de Beulah. On se surprendrait même à pratiquer l'euphorie tant c'est régressif aux petits oignons. Ça serait vous mentir, te mentir et me mentir de dire que je n'aime pas le titre de Liars qui suit. Et pourtant, j'ai beau avoir une dent contre ce groupe parce que je n'arrive pas à pénétrer la hype des irréductibles qui savent apprécier, c'est sans doute avec le côté dancefloor de l'ouvrage que mon oreille commence à se familiariser avec le son des arracheurs de dents. Thomas Belhom ; je laisse ces demoiselles via Google Image me dire s'il l'est ce Thomas bel homme. Blague à part, on arrive au morceau qui me parle le plus sans non plus être trop bavard car par définition c'est un titre instrumental. Le français propose une ambiance faite de petits rien qui mis bout à bout touche de près ceux qui sont enclin à ouvrir leur yeux. Le paysage invisible qu'il peint touche à l'intime et réveille les sensibilités ankylosés. Le hip-hop rital de Uochi Toki intervient ici pour remplir mon quota ovni musical mais c'est parler trop vite sachant ce qui va suivre! Ça à l'air furieusement nerveux et il fait la poule à un moment. Viens Queen Mimosa 3 et ce que je considère comme définitivement le tube de l'été et de dimension planétaire s'il vous plait. Pop electro glam trash gay friendly, on délaisse les étiquettes pour s'oublier en dansant dans ma chambre. On jettera un coup d'oeil au clip que Gregg Araki n'aurait pas renié. L'autre ovni, c'est Biosphere qui se la colle en déstructurant l'opéra de L'incoronazione di Poppea de Claudio Monteverdi. J'insiste pour rapprocher ce travail avec celui de The Caretaker qui déconstruit aussi cette année la face à Schubert dans son Patience (After Sebald). Frank Ocean ou j'en viens à me surprendre qu'un titre R&B soit placé ici-bas mais c'est la Mixtape qui décide. Elle a bon dos, la Mixtape. C'est pas moi qui le dis, mais la Mixtape. Comment j'essaye de noyer le poisson, c'est hallucinant. La mère tombe dans l'herbe et mourut. 

1. AU - Solid Gold
2. Doldrums - Egypt
3. Los Miticos Del Ritmo - Otro Muerde el Polvo (Another One Bites the Dust)
4. Beulah - Emma Blowgun's Last Stand
5. Liars - No.1 Against the Rush
6. Thomas Belhom - Ciel
7. Uochi Toki - Tigre contro Tigre
8. Queen Mimosa 3 - Topless (feat. Noémie Alazard Vachet & Igor Dewe)
9. Biosphere - Mutata
10. Frank Ocean - Pyramid

vendredi 27 juillet 2012

Objectif Ahun

Équipé du I-Téléphone de la marque Appel, le jeune homme à la tête d'oie partait avec un avantage décisif. Et oui, le dispositif de téléphonie mobile via son service de vente centralisée à 99c communément appelé Appel Chtore proposait le must have de la camelote : «RunKeeper». Un outil perfectionné qui aussi vite que la lumière du son calcule en temps réel la position du bonhomme sur la carte pour en restituer un joli compte rendu quand se fut eu fini. Le jeune homme grattait sa tête d'oie non pas parce que ces explications ne le satisfaisait pas mais parce qu'elle grattait vraiment. En même temps, il y avait beaucoup plus grave : la pression des pneus. Cette dernière était inacceptable, il se mit donc furieusement à pomper même s'il ne se passait rien de peur qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. Il ne se passa finalement rien qui fit vaciller la détermination de l'animal ; son regard de bayte était comme un puits sans fond que quiconque s'y serait plongé en resterait tremper jusqu'aux os jusqu'à la mort! Le jeune homme posa ses mains d'être humain sur le guidon (avant de dire à sa maman qu'il allait faire un tour mais qu'il reviendrait pour le goûter), ses pieds d'être humain sur le pédalier, et la tête d'oie poussa un cri déchirant qui fit trembler la plaine de la Creuse. «Go Ahun!» pouvait-on entendre de La Saunière à Ahun en passant par St-Yrieix-les-Bois mais en revenant par St-Hilaire-la-Plaine.


«Samsung PL81» en mode automatique, telle était la configuration complexe que le jeune homme à la tête d'oie avait mis en place pour immortaliser les premiers pas de son périple. Redimensionnement, retouche de contraste, de luminosité, de teinte et correction gamma (aucune idée de ce que ça fait) pour retranscrire avec sincérité ce que ses yeux d'oie ne pouvaient persister éternellement. L'église de La Saunière et le Château du  Théret, des jalons inévitables de cette grande épopée!



La trace du passage de l'homme moderne (ou de l'oie moderne) s'amenuisant au fil de son parcours, le jeune homme à la tête d'oie s’appropria de nouveaux repères l'aidant à progresser. Le paysage de bocage, la forêt à perte de vue, les rangés d'arbres cerclant ces routes de campagnes sinueuses, autant d’éléments que notre jeune héros s'empressera de partager à son retour. Les routes qui résolument ne font que monter sans jamais redescendre, un souvenir nébuleux dont il ne sait vraiment s'il a existé tant le soleil était splendide.  



La tête d'oie n'en croyait pas ses yeux après une durée qu'il n'évalua pas tant la médiocrité de la performance lui ferait honte : Ahun! Il arpenta la rue principale avec une joie non dissimulée, multipliant les prises de vue et ainsi tentant de faire honneur à cette bourgade typique de l'architecture Creusoise. En s'aventurant guidé par la signalisation routière, il déboucha sur le plan d'eau dont il fit le tour pour démentir l'idée qu'il s'était fait de ce mirage éphémère tout droit sorti de son imagination féconde!





Le retour par la nationale fut l'enfer sur Terre. Ce vent chaud et sec qui balayait son bec de droite à gauche, le vélo tout terrain qui déraillera par deux fois en plus d'être définitivement pas adapté pour cette route droite qui n'en finissait pas. Et cette soif, accablante. Une traversée du désert où l'esprit s’égare en conjecture quant à cette limite incertaine où il basculera dans un ailleurs. Les caravanes, les voitures, les caravanes de voiture qui le dépassent continuellement. «Du gâteau!» Une part en l’occurrence avec la bière du héros, mon dieu, qu'est-ce que ça fait du bien d'être à la maison pour l'heure du goûter!

samedi 21 juillet 2012

True Trush

Dan Deacon est un compositeur/performer totalement délirant de musique électronique provenant de Baltimore. En évoquant Baltimore, tout est dit. Cette ville du Maryland est source d'une effervescence créative hors norme qui peut tout expliquer : Edgar Allan Poe et son Corbeau, John Waters et sa Divine, j'ai une pensée aussi pour les tarés de chez Animal Collective... Bref, Dan Deacon lui aussi est atteint par cette folie contagieuse qui va faire imploser ton cerveau. Mais c'est surtout pendant ses live que derrière son fatras de pédales à effets, jouets d'enfants et bidouilles électroniques que la messe est dite. En plus de faire danser les techno-geek hallucinés que nous sommes, toujours avec l'idée de surprendre, ses shows sont l'occasion d'impliquer le public dans une spirale de mini-jeux qui dans la bonne humeur tournent souvent au gros n'importe quoi.


En attendant son nouvel album «America» qui doit sortir le 27 août prochain, c'est un clip complètement déjanté qu'il nous propose. La vidéo de «True Trush» se base sur le principe du «téléphone arabe» mais en beaucoup plus fou-fou! En effet Dan Deacon et son pote Ben O'Brien ont décidé de tourner une courte séquence de 13 secondes. La vidéo est ensuite montré une fois à une autre équipe de deux personnes (provenant de la scène artistique de Baltimore). La nouvelle équipe a une heure pour recréer la séquence, impliquant le décors, les costumes et les actions des personnages. Tant d'éléments à mémoriser que lors du passage de la 19ème équipe qui se base sur le travail de la 18ème, on est loin du compte! Et dans toute sa splendeur, ça vire à un joyeux n'importe quoi! 

Dan Deacon - True Trush

mardi 17 juillet 2012

Le mec de QWOP

Je l'ai regardé, il m'a regardé, on s'est regardés. QWOP, j'ai rencontré le mec de QWOP. Bennett Foddy, de son nom, philosophe à l'Université d'Oxford le jour, écrit sur les questions morales que peuvent entraîner l’usage des nouvelles technologies et entre autres l'addiction qui peut en découler. Mais la nuit, dans un élan de procrastination vis à vis de sa profession diurne, il se change en vil créateur de jeux vidéos qui vont pourrir ta vie! En effet, avec QWOP, son jeu le plus plébiscité négativement et encensé par de multiples mails de haine, le joueur que tu es devient vite névrosé. Le principe est pourtant simple ; on incarne un athlète qui court le 100m. Cependant Bennett a fait en sorte que l'action la plus évidente pour nous tous requiert un apprentissage : la capacité de marcher. En tapant rageusement sur les quatre touches Q, W, O et P contrôlant une cuisse ou un mollet du sprinteur, on se laisse aller à effectuer toutes sortes de joyeuses cabrioles voire même de parcourir une distance négative... Face à l'euphémisme qui voudrait que le jeu soit un peu dur, une communauté s'est créée au travers d'un mème, les uns vont rager, tandis que les autres vont se moquer du grotesque des positions désarticulées que peut prendre l'athlète. Bennett n'est pas à son coup d'essai ; on retiendra GIRP nominé à l'IGF 2012, la frustration moindre mais tout autant addictif.


C'est qu'en fait Bennett, en plus de tous ses vices, est aussi un ancien membre fondateur du groupe de rock Cut Copy où il officiait en tant que bassiste. Leur dernier album Zonoscope sorti en 2011 a eu une bonne réception par les critiques. On notera au passage que la pochette de l'album reprend un photomontage de  l'artiste japonais Tsunehisa Kimura qui fait figurer dans son travail des scènes d’apocalypse urbaine totalement surréalistes. Donc Bennett, dans l'optique de faire rager ses anciens camarades du groupe, a décidé d'éditer un mini-jeu visuellement très rose incluant le titre le plus long (15min) de leur dernier album : Sun God. Pas aussi «méchant» que ses autres jeux comme il le dit lui même, l'idée consiste juste à expérimenter la chanson d'une manière plus immersive. Pour se faire, il va falloir apprivoisé le gameplay assez simple où il suffit de faire sauter un personnage puis presser de nouveau la même touche pour qu'il tire sur la corde entraînant le second personnage vers l'avant qui a son tour entraînera le premier dans un mouvement d'inertie qui se répétera inlassablement. Le rythme ainsi maîtrisé, on pourra flotter tout du long de la chanson, sans escale pour les plus habiles. Pris dans la répétition du gameplay, les décors roses qu'on distinguent de moins en moins et la musique qui se fait de plus en plus deep, l'expérience est totalement psychédélique au point que le but est atteint : on fait corps avec la chanson. Le jeu est disponible sur le site de Pitchfork.

mercredi 4 juillet 2012

Punkryden Mixtape : June 2012



Me voila enfin prisonnier de mon propre concept. Le moment où tu dois sortir tout l'attirail de chasse pour débusquer la bonne chanson alors qu'elle ne vient plus à toi naturellement. Dans l'idée de punir l'auditeur de cette déchéance qu'il m'en coûte et parce que la sélection de Janvier n'a pas rencontré le franc succès tant espéré, oui je suis rancunier, le Blob revient vous ingérer tous autant que vous êtes! Otto Von Schirach ouvre donc le bal blanc avec son break core tout autant horrifique que horripilant. Attention, ça rampe dans ta direction! La mort par asphyxie n'étant pas suffisante, c'est Sol Invictus et sa dark folk à t'arracher les tripes qui continue à s'acharner sur ton petit corps désarticulé. En plus de ruiner ta dernière chance de salut avec son «No Gods», reste un titre dépressif un peu baroque un peu britannique qui crache son dernier souffle avec un panache non dénué d'élégance. C'est pas le moment de fuir, sauf si c'est avec le dernier titre de Yoann Lemoine connu sous le nom de scène de Woodkid. Le jeune homme qui réalise Katy Perry, qui monte Lana Del Rey, ici c'est lui même qu'il se vidéo-clip ; la mise en image de la chanson est grandiose. Le prochain titre est de Gareth Dickson ; on ne peut plus poisseux, parti rejoindre sa bien-aimée au Mexique, il s'y fait mordre par un chien, évitera par miracle la mort suite à une fusillade avant que son avion prenne feu et ait failli se crasher. Le mauvaise oeil tombera maintenant sur toi qui écoute le song-writter. Nico Muhli lui te diagnostique Alzheimer ; le jeune prodige construit une polyphonie vertigineuse de mots qu'il a sondé au fin fond de sa mémoire, l'ouvrage étant souligné par une orchestration classique virtuose. Camille et son improbable reprise de Johnny Halliday vient te faire rougir de honte quand tu découvres que les paroles ainsi réinterprétées sont assez charmantes en fin de compte. Qu'est-ce que tu te remues encore, petit agité? Death Grips assène un sacré coup de massue avec son hip-hop rugeux et corrosif qui va calmer tes ardeurs une bonne fois pour toutes. On ne peut plus Clément, c'est le titre de Julia Holter que j'ai choisi pour apaiser ta peine. La jolie californienne délivre une pop un peu désaxée qu'on me reprochera pas de comparer à celle de la tentatrice Natasha Khan. Huun-Huur-Tu, groupe de musique folklorique originaire de Touva, république russe coincée entre la Sibérie et la Mongolie signe ton exil et propose depuis 1992 la mise en avant de leur pratique du khöömei autrement appelé chant diaphonique. Suivra un titre instrumental pour continuer à s'imprégner de leur culture qui sera bientôt définitivement la tienne. On termine donc avec Joris Delacroix et un titre de minimale qui se veut euphorisant car oui si tu en es arrivé là, je te félicite, je te récompense. Ce choix ayant été fait exceptionnellement par mon homonyme auquel j'ai attribué le numéro 2 pour éviter toute confusion avec ma personne. Merci à toi numéro 2. Conclusion  : la glace à l'orange n'est pas aussi tip top tree qu'espérée.

1. Otto Von Schirach - The Blob
2. Sol Invictus - No Gods
3. Woodkid - Run Boy Run
4. Gareth Dickson - Nunca Jamas
5. Nico Muhly - Mothertongue I:Archive
6. Camille - Que Je T'aime
7. Death Grips - Hacker
8. Julia Holter - Our Sorrows
9. Huun-Huur-Tu - Chylandyk & Daglarim
10. Joris Delacroix - She

samedi 30 juin 2012

Pythagore ou L’école d’Athènes

“Le carré de la longueur de l’hypothalamus est égal à la somme des carrés des lombaires des deux autres côtés.” C’est dans les grandes lignes ce que tout élève de 4ème est en mesure de régurgiter quand on lui évoque le nom de Pythagore. On connait le théorème mais personne ne sait vraiment à quel énergumène on lui attribue la paternité. Avant même sa naissance, il était déjà dit qu’il allait terminer dans ton manuel de mathématiques. En effet, la Pythie de Delphes aux détours d’une énième inhalation de vapeurs psychédéliques, avait annoncé à son père le caractère exceptionnel du futur rejeton. Le papa tout content décida alors d’appeler son fils celui qui fut «prédit par la Pythie». Pitié, j’en envie de dire. C’est un peu comme appeler son fils «Batman», «Zidane» ou «Skywalker» ; avec de tels prénoms ça n’en fera pas un messie -sauveur de Gotham City, la coupe du monde de football, l’univers tout en entier- pour autant. Et pourtant, malgré les probables railleries de ces petits camarades à l’école de la vie, Pythagore était déjà de ceux qui se distingue : grand sportif car dès l’âge de 17 ans il avait performé sèvère aux JO dans les compet de pugilat. Pythagore, pas le genre de type à qui fallait chercher des noises donc.

On dit que les voyages forment la jeunesse ; après le culte du corps, Pythagore à l’âge de 18 ans part s’initier aux grands Mystères. Il bourlinguera pas mal de l’Egypte à la Crète en passant par le Liban. Pendant près de 20 ans, il sera donc initié au contact des mages, hiérophantes et autres prêtresses desquels il suivra les enseignements. Ils feront des maths quoi. Appliqué à l’astronomie, la géométrie, etc. Mais le tout dans un cadre très empreint de mysticisme, dans un vrai esprit d’ésotérisme. On peut facilement imaginer notre ami Pythagore après un jeune d’une semaine recevoir enfin l’enseignement sacré d’un type en toge dont le visage est caché par un masque de hibou : «Du second degré l’équation tu résoudras, son discriminant d’abord tu calculeras!». Fort de ses expériences, il reviendra au Pays fonder ses communautés pythagoriciennes, confrérie assez sectaire où tu rentres pas si on aime pas ta frimousse. L’école couvre tous les domaines de la vie : musique, politique, médecine, etc ; on y mange des légumes, on respecte sa femme et on fait des maths! On y fait voeux de silence pendant 5 ans car à l’issu de cette période quand tu ouvres la bouche c’est pas pour sortir un troll. Certains aussi font des grandes découvertes comme Pétron qui était convaincu de la pluralité des mondes et donnait d’ailleurs le nombre de 183 ; car oui 183 si tu disposes les mondes comme ça, t’as vu, bah, ça fait un triangle.


Des représentations du bonhomme, j’ai envie d’introduire celle du peintre italien Raphaël : L’école d’Athènes. Toile exposée dans «La Chambre des Signatures» au Vatican, c’est celle que je trouve la plus exceptionnelle. «La Chambre des Signatures» étant la pièce où le Pape effectue des signatures. S’il était grand fan des profiteroles, la pièce se serait sans doute appelée «La Chambre des Profiteroles», ce qui n’est malheureusement pas encore le cas. Dans son oeuvre Raphaello a voulu rassembler toutes les figures majeures de la philosophie antique auquel pour certain il colle le visage d’un artiste qui lui est contemporain. Par exemple, au premier plan, boudeur, on retrouve Héraclite (9) le philosophe pessimiste sous les traits de... Michel-Ange. Connaissant le caractère relou de ce dernier et ses relations tendus avec son rival Raphaël, je pense pas que ce soit vraiment un hommage. Sans me lancer totalement dans une description fastidieuse, lumière sur Diogène de Sinope (12), le type qui glandouille sur les marches (mon préféré). Premier punk à chien de l’histoire, il est représenté avec son écuelle car oui histoire de faire rager les conformistes, il s’était mis en tête de vivre comme un chien. Là haut, c’est Platon (10) sous les traits de la jouvencelle Leonardo Da Vinci. Enfin, à gauche, Pythagore (5) focalisé sur son bouquin ; sûrement entrain de se demander si ça serait pas mieux de remplacer hypothalamus par hypothènus ; ça changerait quoi?


vendredi 22 juin 2012

Guerre du Football

Du football, j'en ai totalement rien à carrer. Et pourtant la confrontation qui aura lieu ce soir entre l'Allemagne et la Grèce dans le cadre de l'Euro 2012 à quelque peu éveillé ma curiosité. Dans un contexte économique très difficile, la péninsule hellénique, où les plans de rigueur pèsent, mise désespérément sur cette rencontre pour adoucir la crise. Une hypothétique victoire suscite une grande émotion tant elle promet à ses habitants d'oublier pour un temps l'austérité, d'avoir enfin quelque chose à fêter. L'inverse ne ferait qu'enfoncer le pays dans la dépression. Austérité dont l'Allemagne, grande puissance économique européenne, est toute désignée comme responsable par la politique qu'elle impose à un pays déjà sur-endetté. D'un point de vue sportif, la victoire de l'Allemagne est considérée comme une formalité. Et pourtant les espérances que porte l'équipe challenger sont des plus démesurées...

Cette actualité illustre bien comme le sport peut être vecteur d'une symbolique qui dépasse son cadre. Mais rien de bien nouveau. En juillet 1969, le Honduras et El Salvador, deux seuls états centre-américains se partageant l'isthme dans le sens Nord-Sud de façon complémentaire sont rentrés en conflit. C'est dans un contexte économique et politique houleux (croissante démographique forte et nécessité de réforme agraire) que les deux états jouaient les matchs éliminatoires pour la coupe du monde de football qui devait se dérouler l'année suivante. Les matchs aller puis retour furent sujet à multiples altercations complètement abhérantes (privation de sommeil des équipes visiteuses, injures, incendies, ...) qu'il m'est impossible d'en résumer les tenants et les aboutissants sans paraphraser Wikipédia. Les deux pays ayant gagnés un match chacun, c'est dans une atmosphère explosive (viols, meutres), qu'El Salvador fut désigné vainqueur par 3-2 lors d'un match à Mexico le 26 juin.

Les émeutes ne s'arrêtèrent pas pour autant (explusions, escarmouches à la frontière) car le conflit atteint son paroxysme le 14 juillet quand El Salvador, beaucoup plus militarisé, lâcha une bombe sur la capitale hondurienne. La «Guerre de Cents Heures» ou plus sobrement appellée la «Guerre du Football» débuta. Pas aussi courte que le «Bombardement de Zanzibar» avec ses quelques 40 minutes, les 4 jours de conflits en Amérique Centrale furent cependant meurtriers (2000 morts) et destructeurs (50 000 sans-abri). C'est le 19 juillet, sous la pression de la communauté internationale et l'Organisation des Etats Américains que les Salvadoriens retirèrent leurs troupes. Deux jours plus tard, le monde entier retient son souffle car c'est non pas un petit pont mais un petit pas que Armstrong fera sur la Lune. Pour en savoir plus sur ce conflit passionnant et dont personne n'a jamais entendu parlé, j'invite à la lecture de HONDURAS - EL SALVADOR La guerre de cent heures un cas de « désintégration » régionale par Alain Rouquié, article des plus complets.