mardi 12 juin 2012

Limbo, Humble Indie Bunble & Which


Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais c'est fou, comme je peux aimer le N&B et les monochromes. C'est pas pour dire mais j'en ai pris pleins les mirettes tout au long de mon parcours dans les Limbes, ce lieu incertain  que les enfants rejoignent s'il meurent avant d'être baptisés. Développé par le studio de jeux vidéo danois Playdead, Limbo se résume à un speech des plus simples : incertain du sort de sa soeur, un garçon entre dans Limbo. Le gameplay tout aussi épuré consiste uniquement à aller de l'avant en évitant les pièges meurtriers qui jalonnent notre avancée. Oui, ce jeu est d'une infâme cruauté ; la mort, implacable, frappe, écrase, transperce, déchiquète notre jeune héros dont la présence en ces lieux n'est guère appréciée. La direction artistique du jeu se veut suffocante, tel un épisode onirique les contours sont mal définis, les rencontres spectrales, vos plus infâmes cauchemars patientent tapis dans l'ombre. Acclamée par les critiques et relayé très vite au rang de chef d'oeuvre, ce serait dommage de passer à côté sachant que...

La cinquième édition du Humble Indie Bundle propose le jeu à somme libre mais nécessaire. Ce n'est pas le tout car pour la somme minimale de 8$, ce sont huit jeux indépendants à succès (et leur OST) qui sont offerts au téléchargement dans le bundle (Braid, Super Meat Boy, Amnesia, ...). Il n'y a pas tergiverser plus longtemps car l'achat séparé reviendrait à dépenser 155$ ; surtout que Chrisindimukkah ne dure pas toute l'année. Le Humble Indie Bundle invite les internautes, comme précisé précédemment, à fixer le prix qu'ils semblent le plus adapté. Mais il propose en plus de répartir la somme entre les différents développeurs, d'octroyer un pourcentage à des associations humanitaires (ici Child's Play et EFF) puis partager avec les fournisseurs de bandes passantes qui mettent à disposition les Giga sur ton ordinateur en moins de temps qu'il faut pour s'impatienter. On est donc dans une démarche consciente qui responsabilise l'internaute ; l'affichage en temps réel des statistiques de paiement vient prendre place dans une idée de transparence de l'action.


Maintenant évoquons Which. J'en viens à en parler car il y est question de monochrome et du fait que je me sente pas encore prêt à aborder Amnesia : The Dark Descent, présent dans le bundle. Voici donc un mini-jeu réalisé par Mike Inel, seul et unique fait d'arme du bonhomme. Il n'en reste que l'atmosphère lourde, poisseuse à laquelle le rendu visuel contribue beaucoup, en fait un escape room des plus terrifiants. Les différents plugins de développement graphique utilisés nous donne l'occasion d'évoluer dans un décor où les jeux de lumières ont de jolis effets moirés, les contrastes changeants au gré de nos mouvements. Je m'étends pas plus sur le concept du jeu : il faut trouver la sortie au plus vite car il fait pas bon s'éterniser! Surtout qu'on est pas seul. Je déconseille donc le jeu aux froussards, cardiaques et claustrophobes. Pour une immersion encore plus poussée (que je regrette de ne pouvoir pas tenter), il est possible de calibrer le jeu afin de faire l'aventure en 3D. Le jeu est disponible par ici et mets au défi les courageux de découvrir les deux fins altenatives!

mercredi 30 mai 2012

Punkryden Mixtape : May 2012


Il fait beau et chaud ; l'heure est à tomber le costume-cravate au profit de son short blanc favoris. C'est qu'on est bien dans son short blanc. On y respire par tous les pores même s'il faut l'avouer : il est un peu sale à force de le porter. Ça n'arrête pas le «King Of Spain», qui lui, a tout compris. Notre ami suédois Kristian Matsson a.k.a. l'homme le plus grand de la Terre vient te souffler le vent frais de la liberté! Je vois sur ton visage ce sourire qui s'esquisse puis se précise et sans crier gare tu cours, cours, tu cours jusqu'à où cela peut bien te conduire. Poursuivons donc la route avec Nicolas Jaar. Mais n'allons pas tout gâcher avec sa production studio un soupçon clinique de 2011 «Space Is Only Noise» : un morceau léger car Rien ne sert de courir ; il faut ménager sa monture. Will Stratton, Will Stratton, retiens ce nom, dans mon panthéon sonique, il fait déjà parti des plus grands. Que ce soit le label bordelais Talitres qui distribue ce chef d'oeuvre  qu'est «Post-Empire» en France ou encore le grand Sufjan Stevens qui a pris sous son aile le jeune homme, ils ont eu du flaire. «Limit To Your Love», en 2010, on pouvait l'associer à la soul de James Blake et surtout cette infra-basse orgasmique que seuls les possesseurs de casque audio et les éléphants pouvaient entendre! A l'origine issue de «The Reminder» de Feist, ici, ce sont les post-bopper de BadBadNotGood qui en font une reprise pas dénuée d'intérêt. Le ton était donné dès le début : on va n'importe où! C'est le super groupe Anywhere, un brin de At The Drive In, un soupçon de The Mars Volta qui nous parachute là où le soleil tape sur le système et où le cactus se mange pour ses effets enthéogène. La redescente se vit en douceur avec Yoshinori Takezawa et sa folktronica aux tonalités nippones identifiables dès les premières secondes. Will Stratton de nouveau pour l'élégance des mélodies et cette vérité qui te fouette le visage de pleins fouets : cet album est la plus belle chose de 2012 so far. Petite plage ludique de Actress pour nous préparer les oreilles à ce qui va suivre : Johann Johannsson. Je place aujourd'hui un titre de cet album «And In The Endless Pause There Came The Bees» (2009) à charge de revanche : remplir son ventre de kebab ne justifie pas de se dérober à telle transcendance. On clôt enfin ce chapitre avec le groupe de Jekyll (XSilence) qui n'a rien à envier aux mâstres que peuvent être les Explosion In The Sky. Un très beau clip réalisé par Alexis Taburet et Willène Pilate contentera les curieux. Tropicoolos!

1. The Tallest Man On Earth - Leading Me Now
2. Nicolas Jaar - Encore
3. Will Stratton - The Relatively Fair
4. BadBadNotGood - Limit To Your Love
5. Anywhere - Anywhere
6. Yoshinori Takezawa - Estrella
7. Will Stratton - At The Table Of The Styx
8. Actress - Ascending
9. Johann Johannsson - City Building (Alternate Version)
10. Lovely Girls Are Blind - Hypo

dimanche 20 mai 2012

Book Of Days (1988)

«We liked each other very much. She's a lovely spirit». C'est de Björk dont il s'agit. Quel meilleur moyen que de reprendre un titre de son artiste favoris pour attirer son attention et ainsi se lier d'amitié avec elle? «Gotham Lullaby» est la reprise qui sera le point de départ de l'affection réciproque entre l'artiste islandaise et cette grande compositrice et interprète qu'est Meredith Monk. Oui car «Musical America», le plus vieux magazine américain consacré à la musique classique ne s'y trompe pas, en nommant en 2012 cette dernière «Composer of the Year». Le travail de Meredith mêle les disciplines que sont la musique, la danse et le théâtre mais c'est avant tout pour ses techniques de voix étendus qu'elle est considérée comme exceptionnelle : chuchotements, cris, sanglots, grognements, chant diphonique sont matières premières pour raconter des émotions que le langage commun se bute à représenter. Issue de la vague minimaliste dont elle refuse l’appellation, telle un lisser, elle tisse une instrumentation répétitive sur laquelle elle peut «sauter, s'envoler» et faire disposer à sa voix de tout l'espace possible.


La carrière de près d'un demi-siècle de Meredith Monk est source d'émerveillement. Attardons nous juste sur Book Of Days (1988). C'est pendant l'été 1984 qu'elle sera visitée par la vision noire et blanc d'une jeune fille, viens ensuite une rue médiévale d'un quartier juif... Cette étrange rêverie se verra concrétisée sous la forme d'«un film pour les oreilles» dont les les chansons seront publiés par la suite sur un album en 1990. Dans ce petit village médiéval, il y ait fait l'objet de Chrétiens habillés en blanc, de Juifs vêtus de noir. La peste s’abat sur les deux communautés, les Juifs sont blâmés. C'est dans ce contexte historique qu'une jeune fille Juive aura des visions d'une autre époque, identifiables comme un avion, un pistolet et une voiture... Outre, on s'en doute, l'aspect très conceptuelle de la mise en scène puis la photographie travaillée avec soin, c'est la musique qui est avant tout mise au premier plan.

Le film s'ouvre sur l’intrigante ruelle médiévale et le titre Dawn, tous deux d'une obscure beauté. Le film est ensuite ponctuée d'interview de différents personnages qui participent activement à l'histoire ou non. Ces entretiens avec les protagonistes sont fascinants car les questions sont posées sans soucis de temporalité : on ne sera pas choqué de découvrir que le soldat ne connait pas son âge. Le conteur esquisse un sourire moqueur quand on lui demande s'il sait nager. Ou encore il y a l'incrédulité du médecin quand on le sollicite sur comment soigner le stress. Ces passages sont d'une humanité déconcertante car ils jettent des ponts entre les époques ; ils nous offrent la chance de s'approcher au plus près de ce qu'était l'homme en son temps. Le film brouille les pistes en proposant aussi danse et théâtre ; coup de coeur pour cette chorégraphie démente. Le film est accessible en intégralité sur Youtube.

jeudi 17 mai 2012

La Vengeance du Monocle Noir

Le clivage classique entre la capitale et la province n'a jamais été aussi vertigineux. La Creuse, département dont je suis originaire, est en état d'alerte. Les préjugés sont tenaces ; moi même le premier, je suis numéro un pour pointer du doigt la vache Limousine qui s'abreuve dans la piscine. Arbore un sourire benêt en empruntant l'escalator du Monoprix à Guéret car oui c'est le seul du département. Le Sénéchal, unique cinéma de la ville, n'a d'art et d'essais que la taille familiale des salles de projection. Cris au fake en me promenant sur Google Street car là j'y croise... des gens dans les rues le dimanche! Bref, si l'imagination te fait défaut, c'est à y faire un anévrisme. Mais quand les journaleux panamiens du canard branchouillard Technikart y viennent de leur couplet, tout pète!


«La Bouse ou La Vie», le titre de l'article polémique annonce déjà la couleur. Tous les préjugés éculés y passent, Alexandre Majirus, le rédacteur, sur un ton évidemment ironique pas totalement compris, se la joue parisien pédant délivrent un guide de survie en territoire zombie en usant de termes fleuris comme «bouseux» ou «consanguins». Forcément, ça ne plait pas aux intéressés. Un peu à la manière d'internautes privées subitement de leurs streaming Mégavidéo (ou Mégaporn), les Creusois ont déversés leur ressenti à propos de Paris et ses habitants sur les réseaux sociaux tout en pratiquant dans la foulée un petit DDoS de l'auteur du torchon, qui doit désormais maintenant communiquer plus que par signaux de fumée. Non pas indifférent à la controverse, jusqu'au maire de Guéret est monté au créneau.  A l'heure qu'il est, la hâche de guerre n'est pas encore enterrée.

L'effervescence culturelle n'est certainement pas celle des quartiers bobos de la capitale, mais la Creuse a le mérite d'essayer. Et qu'à défaut d'être consanguins, nous on est sanguins! Cet article ne sert donc à rien. Sauf peut-être à s'intéresser de plus prêt à ce qui fait l'hymne de nos compagnes. Voici donc la réponse de Thibault Blond, à la tête de RPG 96.5FM (Radio Pays de Guéret). Radio locale sur laquelle à chaque fois je règle mon récepteur pour la richesse de sa programmation et pour dire, je ne reconnais jamais rien, voguant de belles découvertes en belles découvertes. C'est à travers Le Monocle Noir, émission radiophonique diffusée sur ces ondes, patchwork sonore, détournement de dialogues, mix à caractère informatif que les choses reprennent petit à petit par elles mêmes leur place dans l'univers.


dimanche 6 mai 2012

Punk Ryden - Punk Ryden (EP) (2012)

Le Punk Ryden (EP) est ne pesons pas nos mots un chef d'oeuvre sans nom (Punk Ryden). Il marque de l'empreinte de sa botte notre année 2012 par la révolution qu'il va entraîner. Initialement mise en branle en 2005 (date choisie au hasard), la machine de guerre Punk Ryden n'arrête pas de surprendre même les plus petits d'entre nous. Après plusieurs release (2007, 2010) , le concept a enfin atteint sa forme ultime et il est pas peu dire que c'est de la bête de bombe. La déflagration est telle qu'on en revient pas indemne ; certains en arrivent même à douter que le concept eusse put être amené à degré d'aboutissement si élevé par simple âme humaine. Bas les euphémismes et place à l'Art.

Le Punk Ryden (EP) est transgénérationnelle, de par le foisonnement d'influences mais aussi parce qu'il réconcilie quatre ascendances de Guitar Pro (outil d'édition de partitions) : 3, 4, 5 et 6. Des titres comme «Montreal Is On Fire» ou «2012» viennent témoigner des plus anciennes versions de l'outil et le charme poussiéreux du midi. Prenons «World Area Network», lui, raconte les débuts du Realistic Sound Engine (RSE) et la version 5. Finalement «Marche Des Zombies Militaires» manifeste la flexibilité de production qu'apporte la toute dernière mouture de l'outil de par l'apparition des pédales à effets et consoles de mixage. Un vrai voyage dans le temps!

Le Punk Ryden (EP) est son propre maître ; il suit ses propres codes. La genèse de l'oeuvre se traduit par un contact avec la matière sonore qui lui est propre. On peut comparer le travail qui en découle avec celui d'un bel enfant s'appropriant un instrument pour la toute première fois. Mais le Punk Ryden (EP) sait aussi jouer avec les contraintes, des règles qu'il a lui même choisi pour proposer un son plus conventionnel qui puisse séduire autant les foules que le petit hipster teigneux. C'est ainsi que l'on passe de la pop progressive au rock fédérateur en passant par la new age, l'avant-garde ou encore la bande son d'un film imaginaire sur des zombies militaires qui feraient de la randonnée. Le Punk Ryden (EP), c'est pénétrer dans un monde chamarré et l'adopter.

Le Punk Ryden (EP) est à prix libre mais nécessaire soit 1$ et plus. Faite vivre les artistes! De plus, la possibilité est offerte de s'approprier le single «Waterloo» pour la modique somme de 0.5$ : les plus astucieux d'entre vous remarqueront la bonne affaire. Et pour couronner le tout, les deux premiers à poster des commentaires recevront des codes cadeaux pour télécharger le morceau bonus «The Punc Song» figurant dans le zip de l'album acheté au prix que vous aurez fixé. Comme dirait Morsay, clique s'il te plait.

lundi 30 avril 2012

Punkryden Mixtape : April 2012


Comme chaque mois, j'en arrive à penser que c'est "cette sélection là" qui sera la plus dure à boucler. Même rengaine avant que chacun des morceaux viennent enfin trouver leur place telle une évidence. Mais là j'avoue, enfanter de cette dernière ne fut pas une besogne aisée. Des titres à géométries variables sont disposés par-ci par-là, un éclectisme encore jamais atteint de par les registres musicaux choisis et leurs disparités ; même qu'il y aura TTC puis Sigur Ros juste après! "Youhou!" L'indie gaming ne s'est jamais aussi bien porté que depuis la sortie du dernier né des studios Amanita Design : Botanicula. Nos amis tchèques ne carburent pas qu'au Becherovka ; c'est que durant cette petite escapade vidéo-ludique, il est bien question d'en respirer des spores! La synesthésie est signée DVA. Ils sont quatre et ils forment un quartet, c'est Portico Quartet. On se laisse porter par ce spleen raffiné enrobé de caressantes harmonies de hang drum. On est bien. Bien bien bien. T'as vu tout ce qu'on peut faire? Laisser place à 1 minute 28 du projet folk de l'inquiétante mais sexy Katie Jane Garside ; oui. Louis Warynski dit Chapelier Fou, lui, n'est pas fou pour un sous. Non. Si. Il vient de Metz. Non mais citer Moondog et rêver de zombies militaires qui bouffent des membres d'humains autour d'un feu dans la forêt ne peut que témoigner de lui que c'est un chic type. Les MC de TTC méritent aussi tout autant mon respect ; Ceci n'est pas un disque signé chez Big Dada fillière hip-hop de Ninja Tune c'est pas rien ; 2002 vraiment une bonne année qui compte aussi L'armée des 12 qu'ils sont biains. Viens ensuite les islandais qui portent sur leurs frêles épaules une responsabilité quasi-titanesque : celle de ne pas me décevoir. Il aurait été bien de fermer la parenthèse avec ce Valtari qui lave convenablement l'affront de l'album imprononçable de 2008. 2013, je veux du génie ou rien. Du génie? Journey, plébiscité par le grand maître Ueda, est pour le coup une oeuvre vidéo-ludique complète. Voyage métaphorique qui décontenancerait même les coeurs de pierre tant la beauté est à son point culminant ; le drapage sonore conduit par Austin Wintory y contribue pour beaucoup. Bernart de Ventadour n'est pas en reste non plus ; l'interprétation des plus bouleversante de Maria Dolors Laffitte transcende le charme intemporel de la poésie du troubadour limousin. Un peu de musique classique américaine avec Ahmad Jamal. Tout comme Meredith Monk qui clôture cette sélection, les deux titres sont issus d'albums  qui me sont introduction à l'univers de ces artistes virtuoses. "Est-ce que le personnage a des mains?"

1. Dva - Juchu (Botanicula Ost)
2. Portico Quartet - Knee-Deep In The North Sea
3. Ruby Throat - Kono
4. Chapelier Fou - L'Eau Qui Dort
5. Ttc - Soudaine Montée D'Adrénaline Dans L'Éloge (Feat. James Delleck)
6. Sigur Ros - Varúð
7. Austin Wintory - Nascence (Journey Ost)
8. Els Trobadors - Can Vei La Lauzeta Mover
9. Ahmad Jamal - This Is The Life
10. Meredith Monk & Vocal Ensemble - Cave Song


dimanche 1 avril 2012

In Way, two strangers learn to speak.

Coco and Co's, un groupe d'étudiants en divertissement audiovisuel à la Silicon Valley ont raflés les prix et la reconnaissance de leurs paires à l'Indicade 2011 de Los Angeles puis à l'IGF 2012 de San Francisco. Way, simplement nommé, non, ne démérite pas : ce jeu, très humaniste, nous invite à apprendre à agir ensemble. Que l'on débute la partie en tant que touareg ou en tant qu'inuit, c'est conjointement et en unissant nos forces que l'on avance, surmontant les épreuves et ceci malgré nos différences. La toute première vient du fait que les deux joueurs commencent la partie à l'opposé l'un de l'autre : l'écran splitté permet d'observer la progression de son coéquipier. 


Cependant il y a un problème de taille : le langage. Mise à part une touche nous permettant de s'égosiller en grognements, la communication devra se faire autrement. C'est qu'ici une alternative est indispensable car les énigmes l'imposent : en plus d'agir à deux, parfois l'un guidera l'autre et inversement. Pour se faire, le joueur a  un panel réduit de gestes (bras, tête) qui avec un peu d'imagination permettent d'exprimer bien plus : joie, insatisfaction, moquerie, honte, indiquer une direction, j'ai les coucougnettes qui me grattent. Même que parfois, pour décrire une même chose, deux joueurs s'y prendront de manière totalement différente.

Si on y réfléchit bien, le concept est très proche de Chatroulette : un moment partagé entre deux individus que tout séparent. A ceci prêt qu'après les 5 niveaux parcourus ensemble où il a fallu se faire confiance, la réunion des deux individus est bien plus excitante. Même si, en fin de compte de grandes discussions ne seront pas entamées, à travers la genèse de ce langage commun, un premier pas a été franchi : celui qui mène vers l'amitié.