jeudi 17 mai 2012

La Vengeance du Monocle Noir

Le clivage classique entre la capitale et la province n'a jamais été aussi vertigineux. La Creuse, département dont je suis originaire, est en état d'alerte. Les préjugés sont tenaces ; moi même le premier, je suis numéro un pour pointer du doigt la vache Limousine qui s'abreuve dans la piscine. Arbore un sourire benêt en empruntant l'escalator du Monoprix à Guéret car oui c'est le seul du département. Le Sénéchal, unique cinéma de la ville, n'a d'art et d'essais que la taille familiale des salles de projection. Cris au fake en me promenant sur Google Street car là j'y croise... des gens dans les rues le dimanche! Bref, si l'imagination te fait défaut, c'est à y faire un anévrisme. Mais quand les journaleux panamiens du canard branchouillard Technikart y viennent de leur couplet, tout pète!


«La Bouse ou La Vie», le titre de l'article polémique annonce déjà la couleur. Tous les préjugés éculés y passent, Alexandre Majirus, le rédacteur, sur un ton évidemment ironique pas totalement compris, se la joue parisien pédant délivrent un guide de survie en territoire zombie en usant de termes fleuris comme «bouseux» ou «consanguins». Forcément, ça ne plait pas aux intéressés. Un peu à la manière d'internautes privées subitement de leurs streaming Mégavidéo (ou Mégaporn), les Creusois ont déversés leur ressenti à propos de Paris et ses habitants sur les réseaux sociaux tout en pratiquant dans la foulée un petit DDoS de l'auteur du torchon, qui doit désormais maintenant communiquer plus que par signaux de fumée. Non pas indifférent à la controverse, jusqu'au maire de Guéret est monté au créneau.  A l'heure qu'il est, la hâche de guerre n'est pas encore enterrée.

L'effervescence culturelle n'est certainement pas celle des quartiers bobos de la capitale, mais la Creuse a le mérite d'essayer. Et qu'à défaut d'être consanguins, nous on est sanguins! Cet article ne sert donc à rien. Sauf peut-être à s'intéresser de plus prêt à ce qui fait l'hymne de nos compagnes. Voici donc la réponse de Thibault Blond, à la tête de RPG 96.5FM (Radio Pays de Guéret). Radio locale sur laquelle à chaque fois je règle mon récepteur pour la richesse de sa programmation et pour dire, je ne reconnais jamais rien, voguant de belles découvertes en belles découvertes. C'est à travers Le Monocle Noir, émission radiophonique diffusée sur ces ondes, patchwork sonore, détournement de dialogues, mix à caractère informatif que les choses reprennent petit à petit par elles mêmes leur place dans l'univers.


dimanche 6 mai 2012

Punk Ryden - Punk Ryden (EP) (2012)

Le Punk Ryden (EP) est ne pesons pas nos mots un chef d'oeuvre sans nom (Punk Ryden). Il marque de l'empreinte de sa botte notre année 2012 par la révolution qu'il va entraîner. Initialement mise en branle en 2005 (date choisie au hasard), la machine de guerre Punk Ryden n'arrête pas de surprendre même les plus petits d'entre nous. Après plusieurs release (2007, 2010) , le concept a enfin atteint sa forme ultime et il est pas peu dire que c'est de la bête de bombe. La déflagration est telle qu'on en revient pas indemne ; certains en arrivent même à douter que le concept eusse put être amené à degré d'aboutissement si élevé par simple âme humaine. Bas les euphémismes et place à l'Art.

Le Punk Ryden (EP) est transgénérationnelle, de par le foisonnement d'influences mais aussi parce qu'il réconcilie quatre ascendances de Guitar Pro (outil d'édition de partitions) : 3, 4, 5 et 6. Des titres comme «Montreal Is On Fire» ou «2012» viennent témoigner des plus anciennes versions de l'outil et le charme poussiéreux du midi. Prenons «World Area Network», lui, raconte les débuts du Realistic Sound Engine (RSE) et la version 5. Finalement «Marche Des Zombies Militaires» manifeste la flexibilité de production qu'apporte la toute dernière mouture de l'outil de par l'apparition des pédales à effets et consoles de mixage. Un vrai voyage dans le temps!

Le Punk Ryden (EP) est son propre maître ; il suit ses propres codes. La genèse de l'oeuvre se traduit par un contact avec la matière sonore qui lui est propre. On peut comparer le travail qui en découle avec celui d'un bel enfant s'appropriant un instrument pour la toute première fois. Mais le Punk Ryden (EP) sait aussi jouer avec les contraintes, des règles qu'il a lui même choisi pour proposer un son plus conventionnel qui puisse séduire autant les foules que le petit hipster teigneux. C'est ainsi que l'on passe de la pop progressive au rock fédérateur en passant par la new age, l'avant-garde ou encore la bande son d'un film imaginaire sur des zombies militaires qui feraient de la randonnée. Le Punk Ryden (EP), c'est pénétrer dans un monde chamarré et l'adopter.

Le Punk Ryden (EP) est à prix libre mais nécessaire soit 1$ et plus. Faite vivre les artistes! De plus, la possibilité est offerte de s'approprier le single «Waterloo» pour la modique somme de 0.5$ : les plus astucieux d'entre vous remarqueront la bonne affaire. Et pour couronner le tout, les deux premiers à poster des commentaires recevront des codes cadeaux pour télécharger le morceau bonus «The Punc Song» figurant dans le zip de l'album acheté au prix que vous aurez fixé. Comme dirait Morsay, clique s'il te plait.

lundi 30 avril 2012

Punkryden Mixtape : April 2012


Comme chaque mois, j'en arrive à penser que c'est "cette sélection là" qui sera la plus dure à boucler. Même rengaine avant que chacun des morceaux viennent enfin trouver leur place telle une évidence. Mais là j'avoue, enfanter de cette dernière ne fut pas une besogne aisée. Des titres à géométries variables sont disposés par-ci par-là, un éclectisme encore jamais atteint de par les registres musicaux choisis et leurs disparités ; même qu'il y aura TTC puis Sigur Ros juste après! "Youhou!" L'indie gaming ne s'est jamais aussi bien porté que depuis la sortie du dernier né des studios Amanita Design : Botanicula. Nos amis tchèques ne carburent pas qu'au Becherovka ; c'est que durant cette petite escapade vidéo-ludique, il est bien question d'en respirer des spores! La synesthésie est signée DVA. Ils sont quatre et ils forment un quartet, c'est Portico Quartet. On se laisse porter par ce spleen raffiné enrobé de caressantes harmonies de hang drum. On est bien. Bien bien bien. T'as vu tout ce qu'on peut faire? Laisser place à 1 minute 28 du projet folk de l'inquiétante mais sexy Katie Jane Garside ; oui. Louis Warynski dit Chapelier Fou, lui, n'est pas fou pour un sous. Non. Si. Il vient de Metz. Non mais citer Moondog et rêver de zombies militaires qui bouffent des membres d'humains autour d'un feu dans la forêt ne peut que témoigner de lui que c'est un chic type. Les MC de TTC méritent aussi tout autant mon respect ; Ceci n'est pas un disque signé chez Big Dada fillière hip-hop de Ninja Tune c'est pas rien ; 2002 vraiment une bonne année qui compte aussi L'armée des 12 qu'ils sont biains. Viens ensuite les islandais qui portent sur leurs frêles épaules une responsabilité quasi-titanesque : celle de ne pas me décevoir. Il aurait été bien de fermer la parenthèse avec ce Valtari qui lave convenablement l'affront de l'album imprononçable de 2008. 2013, je veux du génie ou rien. Du génie? Journey, plébiscité par le grand maître Ueda, est pour le coup une oeuvre vidéo-ludique complète. Voyage métaphorique qui décontenancerait même les coeurs de pierre tant la beauté est à son point culminant ; le drapage sonore conduit par Austin Wintory y contribue pour beaucoup. Bernart de Ventadour n'est pas en reste non plus ; l'interprétation des plus bouleversante de Maria Dolors Laffitte transcende le charme intemporel de la poésie du troubadour limousin. Un peu de musique classique américaine avec Ahmad Jamal. Tout comme Meredith Monk qui clôture cette sélection, les deux titres sont issus d'albums  qui me sont introduction à l'univers de ces artistes virtuoses. "Est-ce que le personnage a des mains?"

1. Dva - Juchu (Botanicula Ost)
2. Portico Quartet - Knee-Deep In The North Sea
3. Ruby Throat - Kono
4. Chapelier Fou - L'Eau Qui Dort
5. Ttc - Soudaine Montée D'Adrénaline Dans L'Éloge (Feat. James Delleck)
6. Sigur Ros - Varúð
7. Austin Wintory - Nascence (Journey Ost)
8. Els Trobadors - Can Vei La Lauzeta Mover
9. Ahmad Jamal - This Is The Life
10. Meredith Monk & Vocal Ensemble - Cave Song


dimanche 1 avril 2012

In Way, two strangers learn to speak.

Coco and Co's, un groupe d'étudiants en divertissement audiovisuel à la Silicon Valley ont raflés les prix et la reconnaissance de leurs paires à l'Indicade 2011 de Los Angeles puis à l'IGF 2012 de San Francisco. Way, simplement nommé, non, ne démérite pas : ce jeu, très humaniste, nous invite à apprendre à agir ensemble. Que l'on débute la partie en tant que touareg ou en tant qu'inuit, c'est conjointement et en unissant nos forces que l'on avance, surmontant les épreuves et ceci malgré nos différences. La toute première vient du fait que les deux joueurs commencent la partie à l'opposé l'un de l'autre : l'écran splitté permet d'observer la progression de son coéquipier. 


Cependant il y a un problème de taille : le langage. Mise à part une touche nous permettant de s'égosiller en grognements, la communication devra se faire autrement. C'est qu'ici une alternative est indispensable car les énigmes l'imposent : en plus d'agir à deux, parfois l'un guidera l'autre et inversement. Pour se faire, le joueur a  un panel réduit de gestes (bras, tête) qui avec un peu d'imagination permettent d'exprimer bien plus : joie, insatisfaction, moquerie, honte, indiquer une direction, j'ai les coucougnettes qui me grattent. Même que parfois, pour décrire une même chose, deux joueurs s'y prendront de manière totalement différente.

Si on y réfléchit bien, le concept est très proche de Chatroulette : un moment partagé entre deux individus que tout séparent. A ceci prêt qu'après les 5 niveaux parcourus ensemble où il a fallu se faire confiance, la réunion des deux individus est bien plus excitante. Même si, en fin de compte de grandes discussions ne seront pas entamées, à travers la genèse de ce langage commun, un premier pas a été franchi : celui qui mène vers l'amitié.

samedi 31 mars 2012

Punkryden Mixtape : March 2012

Un âne illustrant cette Punkryden Mixtape du mois de mars pour le plaisir simple et gratuit d'annoncer que je passe du coq à l'âne. Une introduction totalement bâclée ; je pensais faire comme Christophe de la Sélection Rock Indé de Christophe sur Radio Grand Brive (94.3 FM) tous les lundis à partir de 20h30 :  « faire "sobre" genre artiste, titre de la chanson et hop place à la musique \../ ». Il n'en sera pas ainsi car commençons tout de suite avec Peter Broderick et le titre It Starts Hear. Ça commence donc ici pour les anglophones que nous sommes. Le jeune américain d'un an mon cadet me séduit enfin avec des titres pop accrocheurs de son nouveau concept album website. Le piano toujours comme meilleur ami, c'est un autre sentiment que l'ennui qu'il fait enfin naître : un sentiment bien. Toujours dans cette même optique du « zéro risque » qui caractérise la Sélection Rock Indé de Christophe sur RGB radio corrézienne haute en couleurs, viens le titre le plus pop du dernier effort math et hardcoreux (Recreation) des Nantais de Papier Tigre (à prononcer Papyeah Teegrr dixit LastFM). Rien à dire sur le Tindersticks (The Something Rain) qui représente mon entrée en matière dans la discographie bien assise du groupe grand breton. Grimes ou les quota mainstream et hipster crevant le plafond simultanément. Je m'étais juré de ne pas aimer voire détester très fort mais j'en suis venu à l'écoute quotidienne savourant fébrile ma dose de Claire Boucher. On se change les idées et continue notre écoute avec Sharon Van Etten pour un titre rock inquiétant issu de la galette dark folk Tramp. « J'enfonce mes doigts dans l'origine du monde, lui fait lécher La regarde puis recommence malgré son air dégoûté ». Fuzati est définitivement un homme de bien. C'est qu'il a le don de cristalliser les idées aussi ; l'art du bon mot et en abondance. « La Taupe » film complexe qui tend à te plonger dans une torpeur feutrée ; la bande son en est que réussie. Du Miles Davis et son Ascenseur pour l'échafaud, une note de Nouvelle-Orléans post-Katrina : la trompette est l'instrument sexy par excellence. The Books est mort, vive The Books! Ou plutôt vive Zammuto car oui la moitié bibliothécaire n'a pas totalement tournée la page. Cette basse, oui, cette basse érogène, tu la sens? Trop de sérieux tue le sérieux. On se détend avec le titre doublevé té èff de Salut c'est cool, qui lui parle de choses sérieuses. Avant d'en finir, il m'est nécessaire de préciser que le rock, bah, c'est nazebroque. Sauf que parfois ça tient à un détail prêt ; Steve Albini aux manettes et va pour près de 8 minutes de rock régressif 90's totalement jouissif des Cloud Nothings. Tu vas payer pour ça, Voldermort!

1. Peter Broderick - It Starts Hear 
2. Papier Tigre - Demand 
3. Tindersticks - Show Me Everything 
4. Grimes - Vanessa 
5. Sharon Van Etten - Serpents 
6. Klub des Loosers - La fin de l'espèce 
7. Alberto Iglesias - George Smiley (Tinker Tailor Soldier Spy OST) 
8. Zammuto - Idiom Wind 
9. Salut c'est cool - Ces Sentiments
10. Cloud Nothings - Wasted Days 

vendredi 23 mars 2012

Botanicula

Les jeux vidéo indés, c'est la vie. Les studios développant ce genre de productions sont sans-le-sous et c'est le plus souvent par un travail d'orfèvre qu'ils se distinguent des grosses firmes à blockbusters qui monopolisent le marché. Le temps pour accoucher d'un nouvel opus peut s’étirer indéfiniment ; 4 ans que j'attends la sortie de The Last Guardian, dernier né des studios Ueda au développement plus que chaotique. La patiente des joueurs est mise à rude épreuve mais le résultat est là : en plus du plaisir vidéo-ludique, une dimension artistique est souvent présente donnant au jeu un caractère d'oeuvre d'art.

Machinarium, issu du studio tchèque Amanita Design, est de cette trempe. L'IGF (Independant Game Festival) de 2009 ne s'y trompe pas en lui adressant le prix de l'«Excellence in Visual Art». En effet, dans ce point'n'click, le joueur est plongé dans un univers robotique (mais pas déshumanisé) où chaque décor est un enchantement pour les yeux tant le soin du détail est poussé. On incarne un petit robot qui va à la recherche de sa dulcinée ; son parcours sera bien sûr fait de rencontres surprenantes et attachantes. Le point fort du jeu réside avant tout dans son pouvoir à émouvoir le joueur malgré une durée de vie de 5h : l'expérience est courte mais intense.


Faisons toujours confiance à l'IGF, car cette année, le lauréat au titre de l'«Excellence in Audio» n'est autre qu'un jeu développé par le studio Amanita Design : Botanicula. Gros point d’interrogation sur le gameplay en jetant un oeil au teaser ; Botanicula est un point'n'click tout comme Machinarium où il est question d'exploration et de casse-têtes. On sera en charge de cinq petites créatures qu'il faudra surveiller tout le long d'un voyage dont la finalité est de sauver l'ultime graine de l'arbre mère infecté par les parasites. Je vous laisse vous gargariser avec les différentes vidéos en attendant avril 2012, pour un début d'immersion dans ce microcosmos féérique.


samedi 17 mars 2012

Antoine Fadavi

Je m'adonnais à l'écoute enthousiaste de ce groupe français (Gâtechien) à la déflagration rock qui fout la patate quand soudain. Soudain, soudain, j'ai fait connaissance avec Antoine Fadavi. La rencontre était fortuite car le lien entre punk à chiens et le jeune homme de 12 ans m'échappe encore. Je vous propose donc un portrait (Hipstamatic. John S (Objectif) - Blank (Pellicule) - No flash) de ce Justin Bieber à la française. 


Domicilié sous mon arrondissement, il peut tout comme moi se targuer d'avoir la vue sur une Tour Eiffel. Mais la comparaison s'arrête là. A l'aise avec les réseaux sociaux, il alimente des fan page Facebook et Twitter sur sa passion : les drums. 1 an et demi de pratique, un bon potentiel, mes désirs meurtriers quand il fait rouler ses baguettes abusement et toutes ces filles qui se pâment sur sa bouille d'éphèbe dont Leonard de Vinci aurait pu en faire sa petite pute. Autant de raisons de le détester.

Il fait quand même preuve d'une intelligence et d'une maturité rare pour pour son âge. S'exprimant correctement (du moins à l'écrit), je me questionne encore (ravi mais un poil nostalgique) sur mais où s'est volatilisée la génération sms. Donc en plus de sa passion des baguettes, il s'illustre dans des vidéos à l'humour catastrophique, au jeu d'acteur cataclysmique mais sous une apparence naïve assez futées. Laissons le nous donner des conseils 100% love ou insister méchamment pour lui dire que bon j'ai 23 ans et je suis quand même un jeune hein. Et puis, il reste ses Q&A pour nourrir le culte de sa personnalité. 

Après avoir écouté un nombre trop prononcé de fois la chanson de Fuzati pendant la rédaction de ce présent article, je suis en droit de m'interroger. A douze ans aussi, j'avais cette effervescence et volonté créative. Le résultat est bien loin du compte par contre, les moyens n'étaient pas les même aussi. A l'heure du 56k, où quand le mot faire le buzz n'était pas encore entré dans les mœurs, tu faisais quoi toi à 12 ans?