vendredi 12 novembre 2010

A Second Of June - Days Of Dew


C'est assez rageant de tomber sur une chanson qui soit aussi exceptionnelle et ne pas pouvoir la situer. En fait, la situer n'est pas vraiment le problème. Days of Dew peut-être rencontrée sur l'album Herzfeld Orchestra, réalisé par un collectif d'artistes issu du label strasbourgeois Herzfeld. En creusant un peu, on découvre que ce sont deux membres du groupe A Second Of June qui en sont les géniteurs. Mais que ce soit la production collective du label ou le travail du groupe pré-cité, rien d'autre me transcende. Me voila démuni face à une chanson à démanger le canal lacrymal du premier pèquenot venu. Chanson solitaire. Bien sûr il y a eu des précédents, cet air de déjà vu. Mais tant de brio dans l'exercice. Face à l'ineffabilité de la chose, place aux bits. 

Herzfeld Orchestra - Days Of Dew

Det Gamla Landet - Tolv Under


Comme l'indique A Decouvrir Absoluement, le webzine où je suis allé chercher matière à rédiger, Det Gamla Landet, des suédois, est le genre de formation à officier au sein d'une ville portuaire. Des chansons pour les marins, des marins loins de chez eux, avec le mal du pays, une mélancolie à partager autour de breuvages houblonnés avec des inconnus animés par le même désarroi. On essaye de s'amuser. Mais cet ennui, ce vide...

Concert : Dysto, ACWL - 24 avril @ Le Fairfield, Toulouse

J'avais l'intention de rédiger un article sur Indochine. Une diatribe pour m'élever face aux individus qui les dénigrent. Je me serais positionné en tant qu'avocat du diable et je vous aurez fait bouffer du Canary Bay à vous vomir dans la bouche les uns les autres. C'est que les Indochinois c'est du root pour moi. Mais en fait j'ai eu la flemme. C'est surtout ce signe là qui m'a fait me décider sur le sujet de l'article. Je suis somnambule parfois. Ca se traduit par le fait qu'au matin, je me réveille avec quelque chose dans mon lit. Une fois, ce fut ma console WII qui vint se blotir dans mes bras. Je l'ai remercié en branlant sa télécommande toute la journée. Aujourd'hui, intacte dans son célophane, c'est la galette de Dysto qui est venu squatté mon duvet. 

Des concerts pourris, j'en ai fait. Dans le genre où les mecs sur scène sont plus nombreux que les gens dans le public. Dans le genre que dès lors que tu quittes la salle, le groupe se retrouve comme un con à jouer devant personne. Ce concert du 24 avril aurait pû être de cette trempe. Le Fairfield, j'en avais le souvenir d'une salle comble pour la venue de Kimya Dawson, tellement blindée que la seule place que je me suis trouvée, c'était sous la chaise en osier de la grosse madame. Mais ce 24 avril, le public se résumait au personnel du bar, les membres des deux groupes, mon rendez-vous amoureux et moi. Dysto, comme leur nom l'indique est un groupe punk/rock qui fait usage de la dite pédale. J'ai peu de souvenir de leur set. (c'est que bon j'avais déjà commencé à faire les bisous)


C'est bien beau tout cet amphigouri mais tâchons de t'instruire un minimum, lecteur. Non pas que toutes ces hormones ne me tournèrent pas un peu la tête, que quand même rouler des gros palôts sur Embrasse-Moi c'est foutre cool mais la prestation des ACWL-iens -taggle je suis putain de objectif- me surpris agréablement. ACWL c'est le groupe qui a connu un vif succès catapulté par sa collaboration avec la bande à Nicola Sirkis en assurant leurs premières parties. Suivera en 2005 un sophomore de bonne facture où figure un duo avec le leader de L'aventurier. Un troisième album médiocre en 2009. Un groupe qui commence à tomber dans l'oubli. La déchéance : le groupe se retrouve à jouer à Toulouse en ce 24 avril devant juste une personne venue pour eux.

Le set qu'ils proposèrent était tout de fois admirable. Se délestant du côté goth/new wave qui caractérise leurs efforts studios (façon Indochine quoi), c'est en acoustique qu'ils se sont produits. Des influences hispaniques, une fraicheur façon Lonley Drifter Karen, des arrangements intelligents qui donnèrent au tout un relief miraculeux. Accompagné par l'atout majeur du groupe : la voix envoutante, lyrique parfois de leur chanteuse. On quittera la salle avant la fin parce que voila. Enfin bon, tout ce qu'il faut retenir, c'est que cette nuit là, je ne saurais dire si j'étais ou pas somnambule mais au petit matin, il y avait une fille dans mon lit. ( edit : la fille :) edit2 : plus maintenant, ahah! :D )

samedi 28 août 2010

Jacaszek - Lo-Fi Stories

Le disque que je vais vous présenter est un ovni. Je me permets de le qualifier ainsi car en plus d'être une oeuvre qui sort de l'ordinaire, relativement au travail de l'artiste c'est les bras balants d'étonnements qu'on aborde la chose. Michal Jacaszek est un compositeur de musique électronique polonais. Il s'est fait connaître en 2008 avec Treny, perle éléctro-acoustique, mélant chant lyrique et arrangements d'orfèvrerie, marqué par univers spectral qui s'éveille petit à petit jusqu'à potron-minet. Suivra en 2009, Pentral, très proche de Treny quant à la texture sonore. Ici le polonais tente de dépeindre l'intérieur d'une église, en résultera une expérience sonore qui fait naître autant la ferveur qu'un sentiment d'opression qui ferait pâlir un auditeur de Metal Music Machine si un temps soit peu cela existe.


Treny n'était pas le coup d'essai du bonhomme, sa discographie l'atteste. Pour y avoir jeter une oreille ou deux, il y a bien un album à hisser parmis les autres, c'est Lo-Fi Stories. D'ailleurs, c'est qu'il porte bien son nom. Quatorze vignettes sonores qu'on pourrait qualifier flirtant avec la folktronica avec bien sûr un petit côté lo-fi. Quand on entre dans le monde de Lo-Fi Stories, c'est tout un univers bigarré qui se déplie devant nos yeux d'enfants. Parfois angoissant mais jamais bien longtemps, un pur trip enchanteur où tout semble en carton pâte mais ne pas s'y fier : cette galette, elle en a, de la consistance. Comme décrit ci-là haut, il est agréable de découvrir un artiste qui soit capable de pondre un effort qui soit aux antipodes de ce que l'on attend de lui et que finalement ça tienne la route même si chronologiquement parlant cela date de 2004. 

 Rejs
 Mikrodisko
 Lo-Fi Surfing

lundi 2 août 2010

Les Lutins Patates de L'Espace

On vit un album différement selon que l'on soit sous la couette, que l'on soit en stress dans les transports en commun ou encore Animal Collective avec 2.5g. Pour ma part, c'est dans l'effort que j'arrive le mieux à appréhender le travail d'un artiste. C'est que sur mon vélo, je canalise l'énergie d'un son et ça me transcende. Après, il faut pas s'étonner qu'il y ait des faux positifs avec par exemple le dernier Menomena qui supplante Arcade Fire même si comparaison il n'y a pas à faire. Ceci étant, au casque après avoir ingurgité successivement 100g de saumon fumé puis 100g de chocolat noir, j'apprécie tout autant ce que j'entends.


Les Lutins Patates de l'Espace, c'est au premier abord le truc que tu n'as pas envie d'écouter car tout simplement tu n'as pas le temps pour ce genre de frivolités, soyons sérieux, j'ai dix milles autres trucs sur le feu, t'entends ? Mais c'est que Kill Me When I’m Dead, leur premier opus est disponible en téléchargement gratuit (et aussi que je m'appuie sur la recommendentation d'un blog musical qui ne m'a jamais vraiment déçu) donc soyons désinvoltes (, n'ayons l'air de rien), oui, ils ont l'air de Rien. Evidemment je parle bien des Grenoblois géniteurs -cette année- de 3 (EP), premier volet du triptyque qui s'achèvera par leur suicide collectif (les rumeurs c'est bien!) au Japon en 2014. La ressemblance réside dans le fait que les gnomes féculents spationautes soient aussi de la capitale des Alpes et délivrent tout pareil un anté-rock de premier choix. 

Le post-rock est malheuresement un registre arrivé à péremption. Quand on a écouté les mâstres, on est vite lassé par les structures prévisibles que nous servent à la pelle les héritiers du genre. Biensûr, certaines formations dérogent à la règle et c'est tant mieux. Ici, Kill Me When I’m Dead, sans être épique, évite les écueils pour se positionner comme un effort hétéroclite aux influences digérées et où chacun peut y trouver son compte. Cela reste très proche des deux premiers bébés de Rien, un rock instrumental agrémenter de sample et autres poésies parlées (notamment sur Paulson) mais d'un morceau à l'autre on ne s'enferme dans aucun carcan. 

Le disque est disponible en format 12" (300ex.) chez Hell Vice i Vicious records pour 10€ mais il y a possibilité de se l'offrir format CD pour 12€ en composant sa pochette à partir de treize artwork au choix : effort de personnalisation plus qu'apprécié. Mais je le dis haut et fort pour ceux du fond qui comprennent jamais rien, formation à ne rater live sous aucun prétexte !

 Boeuf
 Paulson (feat. Nicolas Chazel)
 Set - Part 2

mardi 27 juillet 2010

Own Records

On sait que l'on a atteint un certain degré d'indéïtude à la seconde où on s'intéresse tout autant aux artistes qu'à la plateforme qui les produit. «T'as écouté le dernier Ariel Pink's Haunted Graffit, il est signé chez 4AD ? Ah coolos ! Sinon t'iras checker le premier jet des californiens de Avi Buffalo chez Sub PopNan mais je l'ai déjà écouté, ça vaut pas un petit Warp.» Excusez le non-sens de ce petit dialogue de sourd, c'était juste pour illustrer mon propos avec des noms de labels. Le dernier Ariel Pink's Haunted Graffit, je ne l'ai pas écouté. Quant à Avi Buffalo, c'est croquignolet mais ça va pas plus loin. Quoi ? J'ai tappé dans du label bien gras ? Bon, là vous commencez à m'enerver. J'avais juste rien de convenable à l'esprit. Ok ? Et puis, je vais parler de Own Records donc bon.


Own Records c'est le label indépendant par définition. Fondé en 2000 par trois luxembourgeois au Grand-Duché de Luxembourg. Alors impliqués dans des groupes locaux, cette structure leur a permis de publier leurs premiers essais. C'est ensuite à partir de 2004 que le label à commencer à dénicher des groupes internationaux. Pour être plus clair, d'après la seule source qui me permet de dresser un semblant de biographie, c'est en assurant la tournée de Gregor Samsa retrouvé sans label aux portes d'une tournée européenne que Own a fait ces preuves. Les américains remercieront en signant leurs prochains efforts chez les luxembourgeois. Aujourd'hui, le catalogue du label s'est etoffé et on compte presque pas moins d'une trentaine de sorties. Une trentaine ? ROFLMAO!


En fait, c'est que chez Own Records chaque disque compte. Je ne vais pas dire que chaque élément de leur catalogue est une perle mais peut-être bien qu'on s'en rapproche. Le son est majoritairement indie pop et lorsqu'on ouvre le packaging d'une de leurs sorties, il y a ce vent de fraîcheur qui fait mouche à chaque fois. Pas une fraîcheur dont on se lasse, mais plutôt un printemps ou un automne qui durerait ad vitam. Commandez chez eux, c'est qu'ils font vivre péniblement le label avec leur catalogue. Et puis vous seriez gratifiés d'un joli autocollant Own Record ! Je l'ai collé sur ma guitare puis décollé parce qu'en fait ça fait moche. Voici quelques liens.

Fumito Ueda




Fumito Ueda est -il semblerait- le type qui a motivé mon achat de la dernière console de salon de Sony. Pas le bonhomme ( game designer chez Sony CE Japon ) à proprement parler, mais plutôt les quelques images diffusées à l'E3 2009 consacrées à son nouveau projet, The Last Guardian. Le TGS 2009 viendra conforter mon avis sur la chose avec un trailer faisant miroiter un futur hit en puissance. Mais en 2010, le projet Trico ( Ico 3 ), comme il était appelé initialement, brillera par son absence à l'E3. Ce qu'il faut retenir de tout ça, c'est que j'ai investi dans la Playstation 3 pour un jeu qui n'a pas encore vu le jour. Certains vont me dire : MER IL ET FOU. Je leur répondrais que non x)

2001. Ico, tout d'abord. Flop commercial mais ensuite massivement acclamé comme titre pilier de la Playstation 2, c'est un jeu marquant du point de vue l'expérience vidéoludique qu'il procure. Rien que l'univers onirique façon médiéval-fantastique comme le dit si bien Wikipédia enivre par sa beauté. Ueda est partisan du minimalisme et délivre une expérience qui va à l'essentiel en s'affranchissant des détails superfétatoires. Je passe sur le gameplay que vous découvrirez pad en main merci à la réédition de 2006 à l'occasion de la sortie du magistral Shadow of the Colossus, anciennement projet Nico. ( Ico 2 ). Oeuvres d'art en puissance

Shadow of the Colossus reprend tous les principes cher à Ueda précités pour les canaliser dans un jeu concept au gameplay simple mais efficace : 16 boss gigantesques à terrasser. Un univers vaste et dépouillé où il n'y a rien à faire. Une vraie quête spirituelle en somme. Assez comparable aux God Of War sur la même plateforme, ici, la charge émotionnelle est au centuple. Le titre amène les capacités techniques de la machine à leur extrême limite pour des combats au comble de l'épisme. Et c'est surtout la bande-son signée Kow Otani qui fait de ce jeu un titre unique. Bref, toute cette tripotée de mots pour en venir à mes trois liens YouTube.

• Shadow Of The Colossus Soundtrack - The Opened Way
• Shadow of the Colossus - The Farthest Land Reprise
• Shadow Of The Colossus Soundtrack - Demise Of The Ritual